La belle époque

Une semaine très internationale, absolument idéale pour parfaire vos connissances linguistiques: deux fois la France avec LA BELLE ET ÉPOQUE et le film d’animation J’AI PERDU MON CORPS; deux fois les USA et deux fois Woody Harrelson avec MIDWAY, un film de guerre signé Roland Emmerich et ZOMBIELAND – DOUBLE TAP, qui, comme son titre l’indique, est la suite du premier; un Costa-Gavras politique que nous présumons grec mais parlé en euro-pudding, avec ADULTS IN THE ROOM; un film italien qui a fait fureur dans son pays d’origine, MARTIN EDEN de Pietro Marcello; une coproduction entre la Suède et la Géorgie et AND THEN WE DANCED  de Levan Akin. Jean-Pierre THILGES

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LA BELLE ÉPOQUE ****

Comédie romantique et dramatique; Réalisateur, scénariste: Nicolas Bedos; avec Daniel Auteuil, Guillaume Canet, Doria Tillier, Fanny Ardant, Pierre Arditi, Denis Podalydès; Directeur/Photo: Nicolas Bolduc; Musique: Anne-Sophie Versnaeyen, Nicolas Bedos; Franc 2019, 115 minutes; Sélection officielle Festivals de Cannes et Toronto 2019.

La Belle EpoqueVictor, un sexagénaire désabusé, voit sa vie bouleversée le jour où Antoine, un brillant entrepreneur, lui propose une attraction d’un genre nouveau : mélangeant artifices théâtraux et reconstitution historique, cette entreprise propose à ses clients de replonger dans l’époque de leur choix. Victor choisit alors de revivre la semaine la plus marquante de sa vie : celle où, 40 ans plus tôt, il rencontra le grand amour…

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Dans le film, la société créée par Antoine (Guillaume Canet) offre à chacun de ses clients une plongée dans une époque du passé qu’il veut vivre ou revivre. “L’idée m’est venue de ma propre saturation face à l’inflation de séries, comme si la fiction « classique », c’est-à-dire des images dans un écran, n’impactait plus assez le spectateur. J’ai imaginé cette boîte de reconstitution théâtrale qui immergerait physiquement le spectateur dans l’histoire. Rien à voir avec un dispositif sophistiqué du type « Black Mirror » ou autre. Là, l’innovation d’Antoine repose sur de simples éléments de décor, une documentation, des comédiens. Je voulais montrer des coulisses, comme celles dans lesquelles j’évolue depuis que je suis né. Ça nous a permis, à moi et mon équipe, de mettre en valeur l’aspect artisanal du cinéma et du théâtre ! Habilleurs, décorateurs, machinos, assistants, comédiens : le film présente une équipe au travail !”, se souvient Nicolas Bedos. (Extrait du dossier de presse)

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  • Entre comédie et drame, laissant un goût amer, le second long-métrage de Nicolas Bedos montre que chacun tente de retrouver les codes d’une époque, au cœur de laquelle se nichent nos plus beaux souvenirs. En évoquant la grande perplexité que ressentent beaucoup de spectateurs face au progrès et à l’évolution de notre société, le réalisateur témoigne d’une anxiété que ses acteurs sont chargés de retranscrire. L’agressivité pour Guillaume Canet, la passivité pour Daniel Auteuil, le cynisme pour Fanny Ardant… Chaque personnage réagit différemment face à une époque, et plus personnellement à une existence qu’il ne reconnaît pas et qui ne lui plaît plus. La solution idéale ? Se replonger dans le passé. Et comme le disait Louis-Jules Mancini-Mazarini au XVIIIe siècle (glorieuse époque) : “Tout est commerce en ce monde”. D’où le scénario, fondé sur une société créée par Antoine (Guillaume Canet), qui propose à ses clients une plongée dans une époque du passé de son choix. Tout est fictif, sauf la plénitude que ressentent des citoyens lambdas, qui quittent pour un temps une époque jugée trop dure – la nôtre. (aVoir-aLire.com)

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MIDWAY

Drame de guerre; Réalisateur: Roland Emmerich; avec Ed Skrein, Patrick Wilson, Woody Harrelson, Luke Evans, Aaron Eckhart, Mandy Moore, Dennis Quaid; Scénariste: Wes Tooke; Directeur/Photo: Robby Baumgartner; Musique: Harald Kloser, Thomas Wanker; USA 2019, 139 minutes.

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Après la débâcle de Pearl Harbor qui a laissé la flotte américaine dévastée, la marine impériale japonaise prépare une nouvelle attaque qui devrait éliminer définitivement les forces aéronavales restantes de son adversaire. La campagne du Pacifique va se jouer dans un petit atoll isolé du Pacifique nord : Midway. L’amiral Nimitz, à la tête de la flotte américaine, voit cette bataille comme l’ultime chance de renverser la supériorité japonaise. Une course contre la montre s’engage alors pour Edwin Layton qui doit percer les codes secrets de la flotte japonaise et, grâce aux renseignements, permettre aux pilotes de l’aviation américaine de faire face à la plus grande offensive jamais menée pendant ce conflit…

  • Roland Emmerich délaisse pour une fois les scénarios-catastrophe pour se plonger dans une des grandes batailles navales de l’histoire. Grand spectacle garanti. (jpt)

Aaron Eckhart stars as 'Lt. Commander Jimmy Doolittle' in MIDWAY.

La célèbre bataille navale de Midway, qui a été déterminante dans la victoire américaine durant la Seconde Guerre mondiale, a déjà été traitée au cinéma. Elle a donné lieu à un documentaire en 1942 réalisé par John Ford (qui était présent sur les lieux), qui a obtenu l’Oscar du meilleur film documentaire l’année suivante. Côté fiction, Jack Smight a mis en scène La Bataille de Midway, en 1976 (son Sensurround), avec Charlton Heston, Henry Fonda et James Coburn. (Extrait du dossier de presse)

Roland Emmerich: “Je suis vraiment fier qu’on ait eu l’occasion de raconter cette histoire car les jeunes de nos jours ne connaissent pas toujours les récits de ceux qui ont combattu pour leur liberté. Je pense que sans cette génération qui s’est battue au cours de la Seconde Guerre mondiale, notre monde serait bien différent. Il s’agissait d’une lutte réelle contre le fascisme. Aujourd’hui, on oublie parfois ces événements mais les films doivent perpétuer leur mémoire. On voulait rendre hommage à cette bataille et à ceux qui ont tant donné à cette époque”. (Extrait du dossier de presse)

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ZOMBIELAND – DOUBLE TAP

Retour à Zombieland; Comédie d’épouvante; Réalisateur: Ruben Fleischer; avec Woody Harrselson, Jesse Eisenberg, Emma Stone, Abigail breslin, Rosario Dawson, Luke Wilson, Bill Murray, Dan Aykroyd; Scénaristes: Rhett Reese, Paul Wernick, Dave Callaham; Directeur/Photo: Chung-Hoon Chung; Musique: David Sardy; USA 2019, 99 minutes.

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Dans un monde infesté de zombies depuis plus de 10 ans, Tallahassee, Columbus, Wichita et Little Rock sont confrontés à une nouvelle race de créatures de la mort qui leur font la vie dure. Little Rock ayant fugué avec un pacifiste en direction de Graceland, le trio de tueurs de morts-vivants quitte à regret leur nid douillet dans la Maison-Blanche pour la retrouver. Leur périple leur réservera de nombreuses menaces et des rencontres plutôt inattendues…

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  • “Retour à Zombieland” s’avère très fidèle à son modèle, jusque dans le côté éphémère et inconséquent du plaisir pourtant bien réel que procure cette zombie comedy aussi généreuse qu’appliquée. (Mad Movies) Débordante d’esprit et d’ironie, cette comédie joyeusement gore (on y dégomme du zombie à tour de bras) est un plaisir auquel on succombe sans la moindre culpabilité. (Télérama) Woody Harrelson en va- t-en-guerre fan d’Elvis, et Jesse Eisenberg en geek peureux fiancé à Emma Stone, dure à cuire post-#Metoo, s’en donnent à cœur joie dans ce bouillon de pop culture qui tache sans laisser de trace. (Nouvel Observateur) La vérité est qu’il serait abusif de classer “Retour à Zombieland” dans le genre, tant les morts-vivants n’y sont qu’un prétexte paresseusement exploité. De cette faiblesse, voire de ce je-m’en-foutisme, le film parvient parfois à tirer une certaine drôlerie. (Libération)

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  • Rounding up all the original’s stars and throwing several more surviving human characters into the mix, the pic is plenty entertaining for those of us who, paradoxically, find zombies comforting in dark times. Few of its new ingredients are home runs, and some elements play out like obligations — especially the romantic travails of Columbus and the restless woman (Emma Stone’s Wichita) he loves. But with “The Walking Dead” threatening to lurch onward until every bit of appeal falls off its bones, and with George Romero gone to the mysterious ghoulish beyond, taking another road trip with this crew is certainly worth a fan’s time. (John DeFore/Hollywood Reporter)

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AND THEN WE DANCED

Drame romantique; Réalisateur, scéanriste: Levan Akin; avec Levan Gelbakhiani, Bashi Valishvili, Ana Javakishvili; Directeur/Photo: Lisabi Fridell; Musique: Zviad Mgebry, Ben Wheeler; Gérogie/Suède/France 2019, 110 minutes; Quinzaine des Réalisateurs, Cannes 2019.

Merab s’entraîne depuis son plus jeune âge dans le cadre de l’Ensemble National Géorgien avec sa partenaire de danse, Mary. Son monde est brusquement bouleversé lorsque le charismatique Irakli arrive et devient son plus fort rival et son plus grand désir…

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  • In an equitable world, Levan Gelbakhiani, the lead actor in the Tbilisi-set “And Then We Danced,” would be thrust to stardom for his extraordinary performance as a dancer who finally acts on his gay desires. But this is far from an equitable world, and though the uneven film is likely to get significant attention on the arthouse scene, it will require several visionaries to realize the international potential of a young Georgian actor-dancer with a gift for captivating the screen. Following its launch in Directors’ Fortnight at Cannes, writer-director Levan Akin’s third feature should easily leap beyond the LGBT ghetto and find love among multiple demographics. But as in Akin’s first film, “Certain People,” the script here too often slips into cliché, yet the filmmaking skills are frequently exceptional and Gelbakhiani is riveting. Akin goes to great lengths to ensure that audiences unfamiliar with Georgian customs appreciate just how formalized and conservative traditional Georgian dance can be in a country not exactly known for socially liberal leanings. (Jay Weissberg/Variety)

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MARTIN EDEN ***

Drame; Réalisateur: Pietro Marcello: avec Luca Marinelli, Jessica Cresssy, Carlo Cecchi,  Vincenzo Nemolato; Scénaristes: Pietro Marcello, Maurizio Braucci, d’après le roman de Jack London; Directeur/Photo: Alessandro Abate; Musique: Marco Messina; Italie/France 2019, 128 minutes; Festivals de Venise, Toronto, Londres, Gent et Villerupt 2019.

À Naples, au cours du 20ème siècle, le parcours initiatique de Martin Eden, un jeune marin prolétaire, individualiste dans une époque traversée par la montée des grands mouvements politiques. Alors qu’il conquiert l’amour et le monde d’une jeune et belle bourgeoise grâce à la philosophie, la littérature et la culture, il est rongé par le sentiment d’avoir trahi ses origines…

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  • Une adaptation surprenante et réussie du roman de Jack London (sorti en 1909) , transposé dans l’Italie du 20ième siècle. (jpt) Le charme ne se rompt jamais, entraînant le spectateur dans une danse poétique qui ne trahit rien du message politique de London. Enfin, Luca Marinelli, belle présence virile, déjà vu dans “Mauvaise Graine” de Claudio Caligari (2015), est absolument parfait dans le rôle de Martin. (Les Inrocks) […] ce qu’il y a de plus beau dans le “Martin Eden” de Pietro Marcello, […] ce sont toutes les idées de cinéma qui accouchent d’une danse magnifique et ratée, d’une rencontre qui n’a pas eu lieu, celle de son héros avec le monde. (Libération)Cette adaptation frondeuse bien que fidèle du roman de Jack London trouve son éclat le plus pur dans sa volonté de faire feu de toute étincelle lyrique, et permet de rendre tout l’envoûtement individuel d’une passion corsetée par les résurgences de la communauté. (Les Fiches du Cinéma) Un finale grandiloquent brusquement mis sous le signe de Visconti et de la commedia dell’arte, avant un épilogue sur une plage fellinienne, confirme l’égarement de l’ensemble, que l’on aurait préféré, comme le vrai Martin Eden, grand film malade plutôt que petite tentative manquée. (Cahiers du Cinéma)

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ADULTS IN THE ROOM

Drame biographique et politique; Réalisateur: Costa-Gavras; avec Christos Loulis, Alexandros Bourdoumis, Ulrich Tukur, Daan Schuurmans, Valeria Golino; Scénaristes: Costa-Gavras, Stéphane Osmont, d’après le livre de Yanis Varoufakis; Directeur/Photo: Yorgos Arvanitis; Musique: Alexandre Desplat; Grèce/France 2019, 124 minutes.

Après 7 années de crise, le pays  est au bord du gouffre. Des élections, un souffle nouveau et deux hommes qui vont incarner l’espoir de sauver leur pays de l’emprise qu’il subit. Nommé par Alexis, Yanis va mener un combat sans merci dans les coulisses occultes et entre les portes closes du pouvoir européen. Là où l’arbitraire de l’austérité imposée prime sur l’humanité et la compassion. Là où vont se mettre en place des moyens de pression pour diviser les deux hommes. Là où se joue la destinée de leur peuple. Une tragédie grecque des temps modernes…

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Adults in the Room est une adaptation des mémoires du politicien Yanis Varoufakis, Conversations entre adultes. Dans les coulisses très secrètes de l’Europe. Dans ce livre choc, l’ancien ministre grec des finances dézinguait avec force l’Union européenne après son expérience au coeur de celle-ci. Varoufakis a dû se battre avec férocité afin d’éviter à son pays de nouvelles mesures d’austérité en renégociant les termes de l’aide européenne. Le bras de fer entre la Grèce et l’UE avait défrayé la chronique à l’époque.

Un film centré sur ce sujet s’est imposé pour Costa-Gavras comme une évidence et une nécessité. Le metteur en scène explique : “En épiloguant sur la crise économique grecque plus de dix ans après son déclenchement en 2008, on semble avoir oublié que les responsables de cette crise sont les gouvernements qui ont dirigé ce pays pendant près de 30 ans, la Nouvelle démocratie (droite) et le Pasok (socialiste). Ils ont laissé se développer, par incompétence et/ou par esprit de clientélisme, une colossale dette de 320 milliards. Une dette impossible à rembourser. Pendant ce temps, la France et l’Allemagne vendaient sans état d’âme leurs produits, automobiles ou autres, et plus particulièrement ceux de leur industrie de guerre, à un pays qu’ils savaient surendetté. Quant à la Commission Européenne, elle laissait faire. En 2015, Michèle (Ray-Gavras) produisait un film à Salonique en pleine crise de la fermeture des banques grecques. C’est alors qu’elle m’envoie le 14 juillet une interview de Yanis Varoufakis dans le New Statesman avec un commentaire lapidaire : « Il y a là un film ». (Extraits du dossier de presse)

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J’AI PERDU MON CORPS

Film d’animation (pour adultes); Réalisateur: Jérémy Clapin; avec les voix de Hakim Faris, Victoire Du Bois, Patrick d’Assumçao; Scénaristes: Jérémy Clapin, Guillaume Laurant, d’après le roman  “Happy Hand” de Guillaume Laurant; Musique: Dan Lévy; France 2019, 81 minutes; Semaine de la Critique, Cannes 2019; Primé deux fois au Festival du Film d’Animation, Annecy 2019.

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A Paris, Naoufel tombe amoureux de Gabrielle. Un peu plus loin dans la ville, une main coupée s’échappe d’un labo, bien décidée à retrouver son corps. S’engage alors une cavale vertigineuse à travers la ville, semée d’embûches et des souvenirs de sa vie jusqu’au terrible accident. Naoufel, la main, Gabrielle, tous trois retrouveront, d’une façon poétique et inattendue, le fil de leur histoire…

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Jérémy Clapin voulait éviter “d’esthétiser” le film car selon lui, la beauté des graphismes peut cacher la faiblesse du propos. Il cherchait avant tout à développer un univers vrai et qui ne soit pas lisse : “Je voulais des accidents, de la matière, quelque chose de rugueux et pictural. Ce film, ce n’est pas que du dessin, c’est aussi de la photo, de la lumière, de la profondeur de champ, des perspectives et des caméras étonnantes. Tout ce qui me permettait d’exalter l’aspect cinématographique du film était bon à prendre. J’ai donc opté pour des techniques mixtes, en utilisant les avantages de la 2D et de la 3D. Au final, c’est un univers à mi-chemin entre le dessin et le cinéma”. (Extrait du dossier de presse)

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