
Demandez le programme, il y en a pour tout le monde ! Cette semaine de cinoche destille bien des plaisirs ! D’abord pour les cinéphiles, ceux qui ne crachent pas sur le “slow cinema” ou les oeuvres un peu plus profondes – ils sont gâtés avec le merveilleux VERMIGLIO de Maura Delpiero ***** , le très introspectif HIGHER THAN ACIDIC CLOUDS *** d’Ali Asgari, SEPTEMBER SAYS/SEPTEMBER & JULY d’Ariane Labed ** et THE LAST SHOWGIRL de Gia Coppola, avec une Pamela Anderson surprenante. Les amateurs de cinéma pléus commercial ne seront pas en reste, puisqu’on leur propose SINNERS de Ryan Coogler et LOCKED de David Yarovesky, produit par Sam Raimi. Le charmant MOON LE PANDA s’adresse aux gosses en vacances, tandis que l’inévitable comédie française se nomme NATACHA (PRESQUE) HÔTESSE DE L’AIR. Tout un programme, je vous dis !
Jean-Pierre THILGES
SEMAINE DU 16 AU 22 AVRIL 2025

Coup de Coeur Hatari
VERMIGLIO *****
Drame historique; Ecrit et réalisé par Maura Delpero; avec Tommaso Ragno, Giuseppe De Domenico, Roberta Rovelli; Italie 2024, 119 minutes; Lion d’Argent Grand Prix du Jury, Venise 2024; Ghent Intl. Film Festival 2024; Prix de la Presse FIPRESCI et Prix des Exploitants (!), Festival de Villerupt 2024.

Au cœur de l’hiver 1944. Dans un petit village de montagne du Trentin, au nord de l’Italie, la guerre est à la fois lointaine et omniprésente. Lorsqu’un jeune soldat arrive, cherchant refuge, la dynamique de la famille de l’instituteur local est changée à jamais. Le jeune homme et la fille aînée tombent amoureux, ce qui mène au mariage et à un destin inattendu…

- Un bijou élégiaque et – déjà – un des meilleurs films de l’année. Du très. très. très grand cinéma. (jpt/Hatari Papers) On trahirait la subtilité des dynamiques qui se déploient dans “Vermiglio” en cherchant à les décrire ou les analyser en quelques phrases, d’autant qu’elles sont incroyablement nombreuses. À vrai dire, c’est assez renversant qu’un film aussi fondamentalement apaisé puisse en même temps être aussi fourmillant. (Cultureaupoing.com) Dans cette chronique majestueuse qui camoufle sa virtuosité par la quiétude avec laquelle elle se déverse, les histoires et intrigues quotidiennes d’un couple et de ses neuf enfants s’entremêlent jusqu’à embrasser discrètement la forme du film choral. (Les Inrocks) “Vermiglio ou la Mariée des montagnes” éblouit les yeux, enchante les oreilles et réchauffe les cœurs. (Positif) Précise, la reconstitution n’amidonne jamais ce film intime, sensuel, qui offre à chaque personnage la chance d’exister en relief. (Télérama) Le film plaira aux admirateurs d’une autre œuvre multiprimée, “l’Arbre aux sabots” d’Ermanno Olmi (1978). Il semble du reste que rien n’ait bougé depuis dans le cinéma, dans le rendu c’est le même rustique, le noueux rural, les mêmes beautés paysannes reprises aux toiles de Louis Le Nain, enfin un académisme séduisant pour l’œil mêlé au pittoresque de l’étude de mœurs et inspiré des propres souvenirs de famille de la réalisatrice. (Libération)


Egalement en IMAX
SINNERS
Thriller d’épouvante; Ecrit et réalisé par Ryan Coogler; avec Michael B. Jordan, Hailee Steinfeld, Miles Caton; USA 2025, 137 minutes.

Alors qu’ils cherchent à s’affranchir d’un lourd passé, deux frères jumeaux reviennent dans leur ville natale pour repartir à zéro. Mais ils comprennent qu’une puissance maléfique bien plus redoutable guette leur retour avec impatience…

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“Sinners,” written and directed by Ryan Coogler, is a lush, enveloping, historical, phantasmagorical social-panorama from-dusk-till-dawn vampire film. It’s a richly imagined, vibrantly acted portrait of a Deep South community in the early 1930s. It’s also a wild and bloody throat-ripping blowout — a thriller that pushes the vampire-as-metaphor thing about as far as it can go. (The film has a lot on its mind.) “Sinners” works more than it doesn’t, even if it doesn’t always gel, but it’s a commanding demonstration of how lavishly spirited and “serious” a popcorn movie can be. (Owen Gleiberman/Variety)


THE LAST SHOWGIRL
Drame; Réalisé par Gia Coppola; avec Pamela Anderson, Kiernan Shipka, Jamie Lee Curtis, Dave Bautista; USA 2024, 89 minutes.

Shelly, une danseuse de cabaret qui participe au même spectacle depuis des lustres, apprend que les nouveaux propriétaires du casino où elle se produit ont décidé de mettre un terme à 30 ans de représentations. La quinquagénaire amorce alors une réflexion sur son avenir et sur le prochain chapitre de sa vie….

- Grâce à son casting parfait, son ton juste et délicat, sa critique du jeunisme qui invisibilise les femmes d’âge mûr, le film fait un sans faute. (Closer) Pamela Anderson est la révélation du troisième film de Gia Coppola, consacré au déclin d’une ancienne danseuse de revue. L’effet-miroir avec l’ancienne bimbo star des années 1990 est saisissant. Les seconds rôles tirent aussi leur épingle du jeu. (Les Fiches du Cinéma) Même si le film semble parfois tâtonner, il trouve progressivement son ton et prend son envol dans sa deuxième partie, notamment grâce à la présence de Dave Bautista, qui cimente le film par sa justesse. (Les Inrocks) Malgré quelques inévitables clichés sur les vicissitudes de la vie d’artiste, cet envers du décor se visite avec émotion. (Télérama)


SEPTEMBER SAYS / SEPTEMBER & JULY **
Drame; Ecrit et réalisé par Ariane Labed; avec Mia Tharia, Pascale Kann, Rakhee Thakrar; France/GB 2024, 100 minutes; Festival de Cannes 2024; Ghent Intl. Film Festival 2024.

July fait face à la cruauté du lycée grâce à la protection de sa sœur aînée September. Sheela, leur mère, s’inquiète lorsque September est renvoyée et July en profite pour affirmer son indépendance. Après un événement mystérieux, elles se réfugient dans une maison de campagne, mais tout a changé…

- Cruauté distillée à la façon d’un supplice chinois, imaginaire sculpté par la connivence barrée et la malice des deux adolescentes, le film oscille entre burlesque abrasif et ironie affectueuse, maîtrisé de bout en bout, limite maniaque. (L’Obs) la cinéaste [a] une science de la mise en scène qui impressionne, tout en économie de moyens, certaine de ses effets et de la force de ses deux personnages, au premier rang desquelles la bouleversante July […]. (Libération) Les airs de mystère qui auraient pu donner un élan au scénario tombent vite à plat, emportés par le poids d’un rythme languissant et d’une interprétation mécanique des deux actrices principales – Mia Tharia et Pascale Kann –, à laquelle s’oppose tout de même celle, plus organique, de Rakhee Thakrar, dans le rôle de Sheela. (Télérama)


LOCKED
Thriller; Réalisé par David Yarovesky, produit par Sam Raimi; avec Bill Skarsgård, Anthony Hopkins, Ashley Cartwright; USA 2025, 95 minutes.

Un voleur s’introduit dans une voiture de luxe et se retrouve piégé à l’intérieur. Il découvre que son énigmatique propriétaire en a le contrôle total et qu’il va exercer sur lui une vengeance diabolique…

- Le suspense est mené avec un indéniable savoir-faire. (Positif) Le film cale ainsi son rythme sur la voiture : inventif à l’arrêt quand le montage crée l’oppression, accélérant à tombeau ouvert lorsqu’il ignore où il va. (Cahiers du Cinéma) Habilement mené, volontairement dérangeant, ce thriller diabolique quelque peu outrancier aurait toutefois gagné à jouer, lui aussi, davantage de cet art du contre-pied que maîtrise si bien son interprète. (Le Monde)

Films made in/with Luxembourg
HIGHER THAN ACIDIC CLOUDS ***
Documentaire; Conçu, réalisé et interprété par Ali Asgari; Iran/Luxembourg 2024, 70 minutes.

Après avoir présenté “Terrestrial Verses/Chroniques de Téhéran” au Festival de Cannes en 2023 (le film a été doublement primé au LuxFilmFest 2024), le réalisateur iranien Ali Asgari est rentré chez lui à Téhéran pour apprendre qu’il était interdit de voyager pendant huit mois et que ses effets personnels avaient été confisqués par les autorités gouvernementales. Il est assigné à domicile et réalise une sorte de “journal” autobiographique sur sa “prison”…

- After premiering “Terrestrial Verses” at the Cannes Film Festival in 2023, Iranian director Ali Asgari returned home to Tehran to find out he was banned from traveling for eight months, as well as having his personal belongings confiscated by the government authorities for weeks. The result of that period of uncertainty and introspection is the documentary “Higher Than Acidic Clouds (…) The autobiographical essay — shot in Tehran in nine days — zooms in on Asgari as he grapples with long-buried memories reignited by an enforced period of disconnection from the world, reflecting on his time living in Italy and embarking on frank conversations with his family. (Variety)

MOON LE PANDA
Film animalier; Réalisé par Gilles de Maistre;avec Noé Liu Martane, Sylvia Chang, Yé Liu; France 2025, 100 minutes.
Tian a 12 ans quand il est envoyé chez sa grand-mère à cause de ses mauvais résultats à l’école. Loin de la ville, dans les mystérieuses montagnes chinoises, il se lie d’amitié en secret avec un panda qu’il nomme Moon. C’est le début d’une incroyable aventure qui va changer à tout jamais sa vie et celle de sa famille.

- Même si le scénario manque d’originalité, l’histoire est touchante et permet au lm d’aborder des thèmes essentiels tels que la préservation de la nature, l’amitié et la famille. (Télé Loisirs) De belles images de pandas, pour un récit schématique et prédigéré. (Abus de Ciné)

NATASHA (PRESQUE) HÔTESSE DE L’AIR
Comédie; Réalisée par Noémie Saglio; avec Camille Lou, Vincent Dedienne, Didier Bourdon; France 2025, 90 minutes.
Depuis sa plus tendre enfance, Natacha est bien décidée à devenir hôtesse de l’air pour voyager et découvrir le monde. Quand elle se retrouve mêlée malgré elle au vol de la Joconde, elle y voit l’opportunité de réaliser enfin son rêve. Accompagnée d’un steward maladroit, elle traverse la France et l’Italie dans une course-poursuite qui pourrait bien changer sa vie…
- À mi-chemin entre la satire acide et le film d’aventures, une comédie fragile mais sympathique. (Les Fiches du Cinéma) Après (un) décollage soigné, on passe en pilotage automatique : running gags essorés, dialogue méta de cours de récré, guest-stars embarrassantes (pourquoi Isabelle Adjani pastiche-t-elle Monica Bellucci avec un accent allemand !?). Le charme et la fantaisie, à la différence d’un avion, ça ne se commande pas. (L’Obs) Hélas, rien ne fonctionne dans cette aventure construite autour de quiproquos poussifs et de personnages réduits à des caricatures. Reste l’abattage réjouissant de Vincent Dedienne en steward vieux jeu et gaffeur. (Télérama)
LE MUR DES ETOILES




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