Est-ce que nos programmeurs savent que mon anniversaire arrive, où est-ce que cette semaine pleine de découverttes cinéphiles et de perles rares est un pur fruit du hasard ? Merci en tout cas pour tous ces cadeaux anticipés : LUMIÈRE ! L’AVENTURE CONTINUE de Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes et directeur de l’Institut Lumière à Lyon; I SWEAR de Kirk Jones, sur un garçon atteint du syndrôme de Tourette; MY LOVE AFFAIR WITH MARRIAGE, un merveilleur film d’animation hyper-colorié de Signe Baumane, coproduit par le Luxembourg; DAS GEHEIME STOCKWERK de Norbert Lechner, un formidable film familial coproduit par le Luxembourg, ainsi que LA DANSE DES RENARDS de Valéry Carnoy, rescapé de la Quinzaine des Cinéastes à Cannes. Còté cinéma commercial, vous aurez le choix entre HOW TO MAKE A KILLING, THEY WILL KILL YOU et – achtung bicyclette ! – HORST SCHLÄMMER SUCHT DAS GLÜCK, dont même la bande-annonce m’a donné de l’urticaire. Comme on nous prévient que l’hiver revient, vous pourrez donc vous réchauffer dans les salles obscures.
Jean-Pierre THILGES
Semaine du 25 au 31.3.2026

Ciné-Trésor Hatari
LUMIÈRE! L’AVENTURE CONTINUE
Documentaire; Réalisé et imaginé par Thierry Frémaux; avec la voix de Thierry Frémaux; France 2025, 104 minutes.

Il y a 130 ans, les frères Lumière inventaient le cinéma. Tout était déjà là, les plans, les travellings, le drame, la comédie, le jeu des acteurs… Grace à la restauration de plus de 120 vues Lumière inédites, le film nous offre le spectacle intact du monde au début du siècle et un voyage stimulant aux origines d’un cinéma qui ne connait pas de fin…

- Ce que présente “Lumière ! L’aventure continue”, ce sont ni plus ni moins que quelques-uns des plus beaux germes du cinéma tel qu’on le connaît, le considère et le discute aujourd’hui. (Libération) Western, comédie, suspense, drame… Tout est déjà en germe dans ces plans-séquences de 50 secondes qui saisissent la réalité de l’époque et la mettent parfois en scène avec une innocence – la beauté des premières fois – par nature inégalable. (L’Obs) Les opérateurs Lumière ont sillonné le monde, rapportant des images documentaires quasi ethnographiques qui saisissent une époque et des paysages. Ceux d’Afrique, d’Asie, d’Amérique du Nord comme du Sud. Ce temps des colonies, des parades militaires. Une fenêtre nouvelle sur des cultures éloignées de la nôtre que le cinéma nous rendra petit à petit plus familières. (Le Monde) L’important est de pouvoir voir ou revoir ces films dans d’excellentes conditions et d’être encore et toujours sidéré par leur beauté intacte. Il n’est pas nouveau de le dire, mais le vérifier reste un enchantement : les vues Lumière contiennent en germe tout le cinéma à venir. (Cahiers du Cinéma)


I SWEAR
Drame biographique; Réalisé par Kirk Jones; avec Robert Aramayo, Peter Mullan, Shirley hNDERSON; GB 2025, 121 minutes; 2 Bafta Awards 2026, dont celui du meilleur acteur; Britih Irish Film Festval 2026.

Dans les années 1980, John Davidson grandit avec le syndrome de Gilles de la Tourette, une pathologie encore largement méconnue. Entre incompréhension, stigmatisation et détermination, son parcours d’abord semé d’embûches se transforme en combat pour être reconnu tel qu’il est, au-delà des préjugés…

- Kirk Jones’s moving film about of John Davidson, the man who taught Britain about Tourette, offers compassion and catharsis. (…) Kirk Jones’s terrifically warm, generous film is about real-life activist John Davidson, who is from Galashiels in the Scottish Borders and has Tourette syndrome, with its tics, compulsive behaviour patterns and random obscene shouts. He was awarded an MBE in 2019 for his work educating the nation about the condition since he first exhibited its symptoms as a teenager in 1989, as captured in the BBC’s sensational documentary John’s Not Mad. I Swear contains a great performance from Robert Aramayo, full of intelligence and charm, and it raises relevant questions about the overdiagnosis debate surrounding conditions such as ADHD and autism, as well as the larger tonal point of how, when and whether to laugh at John or with him. (Peter Bradshaw/The Guardian)


Films made inwith Luxembourg
Coup de coeur Hatari
MY LOVE AFFAIR WITH MARRIAGE ****
Film d’animation; Ecrit. réalisé et animé par Signe Baumane; avec les voix (v.o.) de Dagmara Dominczyk, Michele Pawke, Matthew Modine; Lettonie/USA/Luxembourg (Antevita) 2022, 108 mnutes.

Zelma, une jeune femme spirituelle, est déterminée à se conformer aux injonctions du chant des sirènes de la mythologie pour être aimée, mais plus elle se conforme, plus son corps résiste. Une histoire de rébellion féminine intérieure. Le film de Signe Baumane, réalisatrice engagée, décrit subtilement les tourments féminins…

- With “My Love Affair with Marriage,” animator Signe Baumane creates another dense personal narrative that expresses complicated concepts and ideas in images. Stuffed with irony, humor, Soviet history and musical numbers, her ambitious second feature (following 2014’s festival hit “Rocks In My Pockets”) boasts 30 singing and speaking characters (including a talking neuron that explains the biochemical processes of the brain) and about 200 non-speaking ones. Using hand-drawn characters animated against 3D hand-made sets and papier-mâché sculptures, it merges the origin story of an independent, artistic Soviet girl with an account of her biochemical processes at crucial moments in her life. A paean to gender equality and being yourself, the overall message is that we all want to love and be loved, but need to be accepted for the way we are. (Alissa Simon/Variety)

Films made in/with Luxembourg / Exclusivité Cinextdoor
Coup de Coeur Hatari
DAS GEHEIME STOCKWERK 3.5 *
Jugendfilm, Drama; Regie: Norbert Lechner; mit Silas John, Annika Benzin, Marie Jung, Marc Limpach; Deutschland/Österreich/Luxemburg (Amour Fou) 2025, 96 Minuten; Max Ophüls Festival. LuxFilmFest 2026.

Der zwölfjährige Karli zieht mit seiner Familie in die Alpen, wo sich seine Eltern den Traum vom eigenen Hotel erfüllen. Bei seinem Streifzug durch das alte Gebäude entdeckt er, dass er mit einem alten Lastenaufzug durch die Zeit reisen kann – und landet in einem Stockwerk im Jahr 1938! Dort freundet er sich mit dem jüdischen Mädchen Hannah und dem Schuhputzer Georg an. Gemeinsam lösen sie einen aufregenden Kriminalfall und Karli begreift, was für ein Schatten über der Welt seiner neuen Freunde liegt…

- “Sind die Nazis noch an der Macht?“ (…) Durch die Verknüpfung von Detektivgeschichte mit deutscher Geschichte zur Zeit des Nationalsozialismus lädt der Film zum eigenen Forschen ein und öffnet einen wichtigen Dialog über Erinnerung und Verantwortung. (…) Der Film erzählt kindgerecht von verschiedenen Aspekten des Antisemitismus im Nationalsozialismus. Auch Themen wie Fluchthilfe und Widerstand werden behutsam vermittelt, indem sie als Rätsel präsentiert werden, die die Kinder im Film nach und nach entschlüsseln. So entsteht eine Form der Wissensvermittlung, die junge Zuschauer*innen nicht überfordert, sondern ihnen – ähnlich wie bei einem eigenen Forschungsauftrag – historische Zusammenhänge schrittweise eröffnet. Besonders interessant ist die Verbindung mit Elementen des Kriminal- und Detektivfilms, die für Spannung sorgen: rasche Schnitte, auffallende Musik und ein authentisch wie aufwändig gestaltetes historisches Setting. Die Zeitreise, die Karli unternimmt, wird so auch für das Publikum zu einer Reise in die Vergangenheit, unterstützt durch die angepasste Sprache und Kostüme. Im Vordergrund stehen die Kinder; sie agieren selbstständig und selbstbewusst. (Ilyas Inevt/visionkino.de)

LA DANSE DES RENARDS
Drame; Ecrit et réalisé par Valéry Carnoy; avec Samuel Kircher, Faycal Anafious, Jef Cuppens; Belgique 2025, 94 minutes,Quinzaine des Cinéastes Cannes 2025.

Dans un internat sportif, Camille, un jeune boxeur virtuose, est sauvé in extremis d’un accident mortel par son meilleur ami Matteo. Alors que les médecins le pensent guéri, une douleur inexpliquée l’envahit peu à peu, jusqu’à remettre en question ses rêves de grandeur…

- La simplicité du geste sur lequel il se conclut et l’émotion qui saisit alors convainquent, si l’on ne s’en est pas rendu compte entretemps, que ce premier long métrage est parvenu à se décramponner des recettes prévisibles, qu’il s’en est amusé peut-être, mais qu’il a surtout trouvé là une manière singulière. (…) La Danse des renards aura su, au bout du compte, rester à cet endroit de rare modestie qu’il s’est habilement aménagé. (Cahiers du Cinéma) errière l’itinéraire de cette mue inversée, Valéry Carnoy a la juste intuition de raconter aussi en sous-texte le privilège, celui d’un champion au corps blanc, à pouvoir la réaliser. Précieuse attention à l’encontre des autres garçons (car c’est avant tout un film de bande) et délicate manière de ne pas les accabler pour mieux cerner les ombres avec lesquelles ils se débattent. (Les Inrocks) Porté par des comédiens très convaincants, un premier film tonique venu de Belgique, qui parle avec justesse de force et de fragilité au masculin. (Télérama)


HOW TO MAKE A KILLING
Comédie noire; Réalisé par John Patron Ford; avec Glen Powell, Margaret Qualley, Topher Grace, Ed Harris; USA 2026, 105 minutes.

En prison et sur le point d’être exécuté, Becket Redfellow raconte son histoire au prêtre venu le confesser. Tout commence lorsque sa mère, tombée enceinte de lui à 18 ans après une aventure, a dû quitter sa riche famille, car son père ne souhaitait pas qu’elle garde l’enfant. Becket a donc été élevé dans un milieu modeste par une mère monoparentale qui désirait tout de même qu’il ait une bonne éducation. Lorsque le jeune garçon devient subitement orphelin, il se rend chez son grand-père bien nanti afin d’obtenir de l’aide, mais celui-ci refuse. Plusieurs années plus tard, Becket établit un plan pour devenir le seul héritier de la fortune familiale…(Synopsis: Régue du Cinéma Québec)

- John Patton Ford’s reimagining of the classic ‘Kind Hearts and Coronets.’ (…) might have worked if the writer-director and his star had been more willing to go out on a limb. The movie is being promoted as a black comedy, but it’s not very funny. There are times when it attempts to be a serious drama, but we’re not invested enough in the characters for that to work either. Other than the fact that his cutely named protagonist, Becket Redfellow, is killing people who don’t really deserve to die for any reason other than being obnoxious, we’re supposed to identify with him because he’s poor and his victims are rich. I mean, Powell is charming, but he’s not that charming.(Frank Scheck/Hollywood Reporter)
https://youtu.be/BxBof_p3_es?si=llI7gExYQP568krN

THEY WILL KILL YOU
Film d’épouvante; Réalisé par Kirill Sokolov; avec Patricia Arquette, Tom Felton, Heather graham; USA 2026, 94 minutes.

une comédie d’horreur-action survitaminée et gorgée de sang, où une jeune femme doit survivre à une nuit dans le Virgil, le repaire tordu d’un culte démoniaque, avant de devenir leur prochaine offrande dans un affrontement spectaculaire et audacieux, mêlant mises à mort épiques et humour noir mordant…(cinoche.com)

- In Kirill Sokolov’s “They Will Kill You,” a sword-wielding Zazie Beetz infiltrates a satanic cult housed in a luxury hotel, with the aim of rescuing one of its maids from becoming a human sacrifice. The pieces are all in place for a viciously enjoyable midnight action romp, which the film most certainly is when the bloodshed first begins. However, the twists of its premise soon end up souring it conceptually, resulting in rapidly-diminishing returns, with derivative formal flourishes that largely recall other, better films. It is, by the time its credits roll, completely exhausting. (Siddhant Adlakha/Variety)

HORST SCHLÄMMER SUCHT DAS GLÜCK
Blödelkomödie; Regie: Sven Unterwaldt; mit Hape Kerkeling, Tahnee Schaffarczyk, Jördis Triebel; Deutschland 2026, 97 Minuten.
Horst Schlämmer ist zurück. Der stellvertretende Chefredakteur des Grevenbroicher Tagblatts stellt fest, dass die Stimmung im Land im Keller ist. Um herauszufinden, was die Menschen heute glücklich macht, begibt er sich auf eine Reise quer durch Deutschland, vom tiefsten Süden bis an die Nordseeküste, per Anhalter, auf dem Krabbenkutter oder im Schienenersatzverkehr, und fragt – wie man es von ihm gewohnt ist – knallhart nach bei Passant*innen, Fachleuten und bekannten Persönlichkeiten. Sein Vorhaben, den Menschen das Lächeln zurückzubringen, führt ihn in unterschiedlichste Alltagssituationen und zu Begegnungen, die mal skurril, mal überraschend offen ausfallen…

- Horst Schlämmer sucht das Glück ist ein Film, der bis Oberkante Unterlippe vollgestopft ist mit Küchenpsychologie, mit Kalendersprüchen, Plattitüden mit Wandtattoo-Potenzial und einem naiv-unverfänglichen Humor, der nahezu keine Reibungsfläche bietet. Für ein lauwarmes Gefühl in der Brust mag das reichen. Für eine proklamierte Suche nach dem Glück grenzt das angesichts der Weltlage fast schon an Herablassung.(…) Schlämmer ist ein Typ, der den Anschluss verloren hat und keinerlei Veränderungswillen an den Tag legt. Der sich durch hornalte Filme zurück in eine Zeit flüchtet, die es selbst damals so nie gegeben hat. Der nostalgisch verklärt von einer Zeit träumt, in der doch alles gut war. Schlämmer ist damit auch Echo einer gesellschaftlichen und politischen Klasse, die von einer Rückkehr zur Normalität schwafelt und damit eine objektiv ungerechtere Welt meint – nur eben nicht für sie. (André Pitz(kino-zeit.de)
LE MUR DES ETOILES



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