KARLA : la fille de Vicky Krieps

Semaine du 8 au 14 avril

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Dans KARLA, Elise Krieps prouve qu’elle est bien la fille se mère.

Attention – si vous ne fréquentez pas les cinémas “ruraux” de Cinextdoor, le moment est venu de changer d’idée, car notre film de la semaine (un des plus beaux films de l’année) ne passera ni à Luxembourg-Ville, ni à Esch-Belval, mais uniquement dans les salles indépendantes à travers le pays : KARLA de Christina Tournatzès (4.5*) est en pur chef d’oeuvre de cinéma militant pour les droits des enfants et révèle le talent carrément insensé d’Elise, la fille de Vicky Krieps qui vous bouleversera. Plus subversif, plus dangereux, plus troublant, plus explosif, plus controversé, OUI/YES   de Nadav Lapid (4.5*) vous plonge dans un Israël déchiré suite aux massacres du 7 octobre, un film nécessaire qui en a enragé plus d’un. Nettement plus gentil et certainement plus “grand public”, THE CHORAL de Nicholas Hytner vous propose les plaisirs raffinés du cinéma britannique, tandis que nul autre que Werner Herzog remonte de ses cendres avec son documenataire GHOST ELEPHANTS, tandis que le documentaire RURAL d’Edouard Bergeron vous fera respirer le grand air (purin compris) de la campagne française. Finalement, fidèle à sa réputation, Kinépolis vous sert (encore) une énième suite d’un film d’épouvante avec REAdy OR NOT 2- HERE I COME qui n’est définitivement pas sur notre liste prioritaire, malgré la présence au générique de David Cronenberg.

Jean-Pierre THILGES 

NOTE: YouTube ayant décidé d’interdire le téléchargement des bandes-annonce suite à une intervention des grands studios américains, nous ne pouvons désormais plus vous proposer les “trailers” des nouvelles sorties.

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Coup de Coeur Hatari  –  Exclusivité Cinextdoor

KARLA 4.5*

Gerichtsdrama; Regie: Christina Tournatzès; mit Elise Krieps, Rainer Bockm Imogen Kogge, Torben Liebrecht, usw; Deutschland 2025, 104 Minuten. 

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Deutschland, Bayern 1962: Die zwölfjährige Karla läuft von zuhause davon, weil sie Hilfe sucht – sie wurde über Jahre hinweg von ihrem Vater sexuell missbraucht und hat nun den Entschluss gefasst, ihn dafür zur Rechenschaft ziehen zu lassen. Der Schritt ist umso mutiger, da sie mit ihrer Entscheidung an ein meist geleugnetes Tabuthema rührt. In dem erfahrenen Richter Lamy findet sie einen Mann, der ihr glaubt und bereit ist, den schwierigen Weg mit ihr gemeinsam zu gehen – denn noch nie zuvor hatte es jemand gewagt, den eigenen Vater wegen Missbrauchs zu verklagen. Da es der traumatisierten Karla schwerfällt, das ganze Ausmaß ihres Leidens zu schildern, schafft Lamy einen seelischen Schutzraum und gibt dem Mädchen die Freiheit, ihre Geschichte nach ihren eigenen Vorstellungen zu erzählen…

Nach wahren Begebenheiten als sensibles Kammerspiel inszeniertes Spielfilmdebüt über die Selbstermächtigung einer Zwölfjährigen, die 1962 ihren Vater wegen jahrelangen Missbrauchs anzeigt und darauf besteht, gehört zu werden, ohne das Unsagbare aussprechen zu müssen – eine Herausforderung auch für den erfahrenen Richter an ihrer Seite. Der Film verzichtet auf die Darstellung sexualisierter Gewalt und bleibt stets auf Augenhöhe mit seiner Protagonistin.

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  • Elise Krieps, am 8. September 2010 in Berlin zur Welt gekommen als Tochter der vielfach ausgezeichneten Schauspielerin Vicky Krieps („Die Vermessung der Welt“, „Das Zimmermädchen Lynn“, „Das Boot“, „Corsage“), berührt in ihrer ersten Hauptrolle mit stiller Kraft und unerschütterlicher Präsenz an der Seite von Rainer Bock und Imogen Kogge. (Heinz17herne/filmportal.de) 

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  • Das auf wahren Ereignissen beruhende, sensible Drama ist als Kammerspiel auf wenige Figuren und Schauplätze beschränkt. Es verzichtet auf Filmmusik sowie auf jegliche Darstellung sexualisierter Gewalt; erst im letzten Akt (Gerichtsszene) werden Details des Missbrauchs verbalisiert. Karlas Weigerung, das Unsagbare auszusprechen, wird als Stärke inszeniert, die Stimmgabel ist Symbol ihrer Selbstermächtigung. Zweite Hauptfigur ist Richter Lamy, der ebenso von Karla lernt wie umgekehrt. In dieser Konstellation und einer sonst männlich dominierten Welt ist Lamys Sekretärin das verbindende weibliche Element. Spielort sind überwiegend Innenräume, die durch geometrische Flächen (Wände) und Linien (Tür-/Fensterrahmen, Gitter) definiert sind. Den strengen Bildaufbau ergänzen gedeckte Farben, jeweils charakteristisch für einen Ort, eine Figur und die Zeit (1960er Jahre), und Hell-Dunkel-Kontraste, etwa ein im Schatten liegender Raum mit einer isolierten Figur im Licht. (Ulrike Seyffarth/visionkino.de) 
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Rainer Bock in einer zurückhaltend-ruhiger Paraderolle

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Coup de Coeur Hatari

OUI / YES 4.5*

Drame subversif; Ecrit et réalisé par Nadav Lapid; avec Ariel Bronz, Efrat Dor, Naama Preis; Israel/France/Allemagne/Chypre 2025, 150 minutes; Quinzaine des Cinéastes Cannes 2025. 

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Israël au lendemain du 7 octobre. Y., musicien de jazz précaire, et sa femme Jasmine, danseuse, donnent leur art, leur âme et leur corps aux plus offrants, apportent plaisir et consolation à leur pays qui saigne. Bientôt, Y. se voit confier une mission de la plus haute importance : mettre en musique un nouvel hymne national…

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  • On ne peut pas faire un tel film, si vitalement enragé, si vigoureusement en colère, en prenant des pincettes. Et Lapid ne craint pas d’aller du côté de l’excès carnavalesque, en particulier dans la représentation des fêtes orgiaques où se côtoient nouveaux riches et mécènes plus ou moins mafieux. Cet aspect outré, grotesque, est un moyen d’atteindre la réalité au cœur. (Cahier du Cinéma) Le cinéaste israélien, résidant désormais en France et opposant farouche au gouvernement de Tel-Aviv, signe un film étourdissant, aussi fiévreux et torturé que la société ivre de vengeance avec laquelle il entend rompre, après le 7 octobre et les massacres à Gaza. (L’Humanité) Un film sans appel sur cette défaite, dont le dispositif brutal, et même les excès les plus grotesques – le film, dans ses ruptures de ton, son burlesque hystérisé, ses décrochages incessants entre le silence et l’assourdissant, le fantasme et le naturaliste, fait penser aux cinémas de Fellini, Ferreri, Polanski – peinent pourtant à cacher une singulière tendresse. (Libération) La caméra, fébrile, n’est plus que soubresauts ; mal à l’aise, elle ne sait plus où se mettre. Comme nous, spectateurs, sidérés, indignés, exténués par « Oui » comme face à l’obscénité d’une guerre et d’une époque qui dépassent Israël. (L’Obs) 

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THE CHORAL

Drame hisorique et musical; Réalisé par Nicholas Hytner; Scénario: Alan Bennett; avec Ralph Fiennes, Simon Russell Beale, Roger Allam; GB 2025, 113 minutes; Festival de Toronto 2025. 

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Yorkshire, 1916: Dans le petit village endormi de Ramsden, les habitants tentent tant bien que mal de poursuivre leur quotidien, tandis que la guerre fait rage en Europe continentale. Après deux ans sur le front, les recrues sont de plus en plus jeunes, et les blessés de guerre, tout comme les plaques d’identité de l’armée, ne cessent de revenir au pays. La chorale locale souffre également: les rangs des hommes s’éclaircissent et, finalement, même le chef de chœur est appelé au front. Pour sauver le prochain concert, la chorale doit rapidement trouver un remplaçant. Avec le Dr Guthrie, elle engage finalement un chef de chœur de grand talent, mais la communauté villageoise l’accueille avec méfiance, car il a longtemps vécu en Allemagne et refuse de diaboliser le peuple allemand…

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  • Genteel manners of first world war story about repressed passion delivered with surprising sexual candour. (…) Alan Bennett’s new film, directed by Nicholas Hytner, is a quiet and consistent pleasure: an unsentimental but deeply felt drama which subcontracts actual passion to the music of Elgar and leaves us with a heartbeat of wit, poignancy and common sense. Music itself mysteriously exalts and redeems the community, and I mean it as the highest possible praise when I say that “The Choral” reminds me of Victoria Wood’s musical “That Day We Sang”, about the recording of Purcell’s Nymphs and Shepherds by Manchester Children’s Choir. (Peter Bradshaw/The Guardian)  

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  • Nicholas Hytner, connu pour des drames historiques tels que “The Crucible” et surtout pour avoir longtemps dirigé le National Theatre en Grande-Bretagne, met en scène avec “The Choral” un drame qui aborde la cruauté de la guerre sous un nouvel angle. Il ne s’agit pas tant de la survie à l’état brut sur le front, que des conséquences d’une guerre de plusieurs années sur la société: sur ceux qui sont restés et ceux qui sont revenus, qui doivent apprendre à combler les vides béants dans leur vie et dans le tissu social. C’est un film posé sur la perte et le deuil, celui d’êtres chers, mais aussi de parcours de vie et de projets d’avenir que la guerre a irrémédiablement détruits. Ce drame sensible convainc par sa subtilité et son sérieux, sans jamais tomber dans la lourdeur ou l’angoisse. C’est précisément dans ses moments de calme et d’espoir que le film déploie une force particulière et parvient à ne pas banaliser la guerre. (Linda Mllan/outnow.ch) 

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Werner Herzog’s GHOST ELEPHANTS

Documentaire; Ecrit et réalisé par Werner Herzog; USA 2025, 99 minutes; Festival de Venise 2025. 

Depuis dix ans, le Dr Steve Boyes, naturaliste sud-africain, poursuit un rêve presque insaisissable : retrouver la trace d’un mystérieux troupeau d’« éléphants fantômes » qui hanterait les hautes terres reculées de l’Angola. Accompagné de pisteurs namibiens parmi les meilleurs au monde, il s’aventure dans une région que les communautés locales appellent le Pays du Bout du Monde. Le film suit cette quête où se mêlent science, mythe et contemplation : une exploration de la frontière fragile entre le rêve et la réalité, portée par le regard singulier de Werner Herzog.

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  • This film may not have the self-destructive craziness and tragicomedy of (Werner) Herzog’s documentary masterpiece “Grizzly Man”, which was about an amateur enthusiast’s doomed desire to live among grizzly bears; in fact the quest that Ghost Elephants describes is perfectly rational and irony free, and finally results in (provisional) success. The film is so rich and exotic, if that word has not been discredited in this context. Herzog’s keen eye for the characters and personalities gives it its flavour, and so of course does his unmistakable rasping voice, particularly when he goes into raptures about the day-to-day life of an indigenous villager: “I know I shouldn’t romanticise him but … surrounded by chickens … it can’t get better than this!” (Peter Bradshaw/The Guardian) 

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Documentaire; Ecrit, réalisé et interprété par Edouard Bergeron; France 2026, 93 minutes. 

Edouard Bergeon nous plonge dans la vie de Jérôme Bayle, éleveur charismatique du Sud-Ouest et figure nationale de la ruralité. Avec humour et tendresse, il dresse un portrait sensible de l’agriculture familiale française d’aujourd’hui et de ceux qui se battent pour la faire perdurer…

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  • Ce beau documentaire mêle avec brio le particulier et le général, et émeut autant qu’il provoque. (Les Fiches du Cinéma) Tout l’intérêt du film réside dans l’enchaînement des scènes de la vie quotidienne, aux champs ou à la ferme, une captation sensible qui évite ainsi toute démarche hagiographique et met en lumière le positionnement politique ambigu de son personnage central qui confesse : « Que ce soit l’extrême droite ou l’extrême gauche, j’en ai rien à foutre. » (Positif) Derrière le portrait d’un militant sursollicité par les médias en rupture avec la FNSEA, derrière sa visite à Matignon chez Gabriel Attal, qu’il finira par faire venir en Haute-Garonne à force d’obstination, le film, coup de sonde au cœur du mal-être paysan, plaide contre l’effacement des exploitations familiales et pour ces agriculteurs qui nous nourrissent et en meurent. Mais rend surtout hommage, entre drôlerie et émotion, aux valeurs du collectif et de la transmission. (L’Obs) 

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READY OR NOT 2 – HERE I COME

Film d’épouvante; Réalisé par Matt Bettinelli-Olpin, Tyler Gyllett; avec Samara Weaving, Kathryn Newton, Sarah michelle Gellar, David Cronenber, Elijah Wood; USA 2026, 98 minutes. 

Seule devant un manoir en flammes et couverte de sang, Grace MacCaulley vient d’échapper à un jeu macabre orchestré par sa belle-famille. Unique survivante d’une partie de cache-cache meurtrière, la jeune mariée, désormais veuve, est emmenée à l’hôpital où elle est interrogée par un enquêteur qui la soupçonne d’être responsable des assassinats. Au même moment, sa sœur Faith, avec qui elle est brouillée depuis de nombreuses années, se rend à son chevet. Lorsqu’un tueur surgit dans les couloirs de l’hôpital, les deux femmes doivent prendre la fuite. Elles sont bientôt rattrapées et emmenées dans un domaine où se sont donné rendez-vous les membres de richissimes familles, instigatrices d’un match revanche qui promet d’être tout aussi dangereux que le premier….(Synopsis: Régie du Cinéma Québec) 

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  • The sequel to the the bloody and clever-dumb 2019 hit expands its portrait of “the elites,” though the action remains brutally single-minded. (…) “Ready or Not 2: Here I Come,” a go-more-splattery-or-go-home sequel, is a film that very much taps into our vision of “the elites” as a global cabal of evil. It’s also more gruesomely over-the-top than “Ready or Not” (if that’s even possible), not to mention more operatic, more debased, more macabre, and more of a luridly preposterous cartoon. But all of that made it an ideal film to showcase to a crowd of screaming hellcats at SXSW, where the movie premiered. (…) Is “Ready or Not 2” the bloody megaplex bash as knowing midnight movie? Does it combine honest laughs with a general invitation to crack up at its overboiled misanthropic cheesiness? Does it make up rules as it goes along? Yes and yes and yes, though we increasingly live in a movie world where all those things are attributes. “Ready or Not 2” delivers exactly what it promises: a garishly booby-trapped, winkingly clever-dumb good time. If that’s your idea of a good time. (Owen Gleiberman/Variety) 
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Au lit avec David Cronenberg

LE MUR DES ETOILES

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