Un cheval, un homme et des femmes

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Photo prise à Cinecittà Rome…

Ceux qui ne carburent que sur le cinéma d’action diront sans doute que nous sommes en présence d’une “petite” semaine, mais ceux et celles qui aiment le cinéma différent, le “slow cooking” en quelques sort, en auront pour leurs frais. Andrew Haigh, Abdellatif Kechiche, Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri, Gus van Sant et Majid Majidi sont les auteurs, dont vous découvrirez les nouveaux films cette semaine. Je peux vous garantir qu’on a déjà vu nettement pire comme sélection pré-cannoise! Jean-Pierre THILGES  

Lean-on-Pete-Film-PosterLEAN ON PETE ***

Titre français: La route sauvauge; Réalisateur: Andrew Haigh; avec Charlie Plummer, Steve Buscemi, Chloë Sevigny, Steve Zahn; Scénariste: Andrew Haigh, d’après le roman de Willy Vlautin; Directeur/Photo: Magnus Nordenhof Jønck; Musique: James Edward Barker; GB/USA 2017, 121 minutes; Festival de Venise 2017: Prix du meilleur jeune espoir/Charlie Plummer; Prix du Jury Jeune LuxFilmFest 2018.

Charley Thompson a quinze ans et a appris à vivre seul avec un père inconstant. Tout juste arrivé dans l’Oregon, le garçon se trouve un petit boulot chez un entraîneur de chevaux et se prend d’affection pour Lean on Pete, un pur-sang en fin de carrière. Le jour où Charley se retrouve totalement livré à lui-même, il décide de s’enfuir avec Lean on Pete, à la recherche de sa tante dont il n’a qu’un lointain souvenir. Dans l’espoir de trouver enfin un foyer, ils entament ensemble un long voyage…

  • Un très beau film, une sorte de road-movie à la fois lumineux et tragique, sur une jeune homme et “son” cheval, livrés totalement à eux-mêmes. Le réalisateur du formidable 45 YEARS (2016, avec Charlotte Rampling et Tom Courtenay) raconte son histoire avec une totale discretion et sans la moindre pleurnicherie. Charlie Plummer est excellent dans un de ses premiers grand rôles, ce que le jury de Venise a également reconnu. Trois étoiles! (jpt)                                                 37516-Lean_on_Pete_5____The_Bureau-1200x520
  • In case you were wondering, Lean on Pete is the name of a horse. Not a special one, just your average American quarter horse — a doomed beast stuck racing for small-stakes bets at second-tier tracks in and around Portland, Oregon. Based on Willy Vlautin’s novel of the same name, “Lean on Pete” is the story of said horse and of the boy who saves him from the glue factory, or from being sent down to Mexico to be slaughtered. And, depending on how corny you want to get, how the kid saves himself in the process. What “Lean on Pete” is not is a children’s movie, or a crowd-pleaser, or an uplifting coming-of-age story. Directed by Andrew Haigh, who previously told the relatively artful grown-up modern romances “Weekend” and “45 Years,” it’s a serious-minded, unvarnished glimpse into how it feels to be 15 and completely alone in the world. But instead of playing that situation for sympathy, Haigh takes the Bressonian high road, adopting an austere, arm’s-length style that keeps the audience at an uncomfortable distance from the character. (Peter Debruge/Variety)         5760
  • But if the trip feels familiar, that’s not necessarily a bad thing. One might even go so far as to claim that it’s part of the appeal; a welcome insulation against all the hazards in our path. And Haigh’s film is never less than heartfelt and affecting. It cares deeply for Charlie and hopes we do, too. So it insists we stick with him as the truck breaks down and he runs out of cash, trailing the badlands in search of a new home. In the end, perhaps, the kid is as much a symbol of soulful, martyred innocence as the racehorse at his side. But we cheer him on all the same; a stumbling rank outsider who might just stay the course. (Xan Brooks/The Guardian) 

Lean-on-Pete-movie0837726MEKTOUB MY LOVE : CANTO UNO

Drame romantique; Réalisateur: Abdellatif Kechiche; avec Shaïn Boumedine, Ophéie bau, Salim Kechiuche,Hafsia Herzi; Scénaristes: Abdellatif Kechiche, Ghalia Lacroix, d’après le roman de François Bégaudeau; DirecteurPhoto: Marco Graziaplena; France 2017, 175 minutes.;  Sélection officielle Festival de Venise 2017. 

Sète, 1994. Amin, apprenti-scénariste installé à Paris, retourne un été dans sa ville natale, pour retrouver famille et amis d’enfance. Accompagné de son cousin Tony et de sa meilleure amie Ophélie, Amin passe son temps entre le restaurant de spécialités tunisiennes tenu par ses parents, les bars de quartier, et la plage fréquentée par les filles en vacances. Fasciné par les nombreuses figures féminines qui l’entourent, Amin reste en retrait et contemple ces sirènes de l’été, contrairement à son cousin qui se jette dans l’ivresse des corps. Mais quand vient le temps d’aimer, seul le destin – le mektoub – peut décider…

  • Pour aimer le cinéma d’Abdellatif Kechiche, il faut aimer les films longs (celui-fait presque trois heures), où il ne se passe pas beaucoup de choses pendant de longs moments, mais où la vie est omniprésente. Si vous avez aimé “La Graine et le mulet” ou “La Vie d’Adèle”, vous en aurez pour votre argent. Si l’action continue est votre tasse de thé, vous feriez mieux de passer votre chemin. Une chose est certaine, Kechiche filmer les femmes comme peu d’autres cinéastes. (jpt)                                          0513134
  • Un chant vif, lumineux, presque trois heures d’une fluidité incomparable, véritable ode à la famille, à la fraternité métisse. (Bande à part) Pour son sixième long-métrage, Abdellatif Kechiche ouvre en grand les fenêtres de son cinéma et plonge dans un tourbillon de scènes dont le caractère extensif n’a d’égal que la sensation de plénitude, créant un appel d’air si intense qu’on parvient à peine à y reprendre son souffle. (Le Monde) Avec “Mektoub”, Kechiche se débarrasse de toute la négativité qui traverse son cinéma pour capter sans mélange ce qui l’a toujours hanté : filmer la vie, étreindre le naturel, c’est, dans les deux cas, un éternel mouvement, une subite ivresse du réel. (Les Inrocks) Autour d’un trio amical et amoureux, Abdellatif Kechiche filme somptueusement la plage, le soleil et les corps et, sans les démêler, s’attarde sur ce qui est écrit et ce qui ne l’est pas dans le magnifique premier volet d’une fresque fleuve. (Libération) Quinze ans après “L’Esquive”, une ode au bel âge, où Renoir a rejoint Marivaux. (Télerama) Kechiche cache sous un film mineur une ambition énorme : filmer la vie lorsque rien de spécial ne s’y passe mais que toute nouvelle journée est chargée de la promesse vague, lancinante qu’il pourrait arriver quelque chose. (Cahiers du cinéma) 

MEKTOUB IS MEKTOUB PHOTO1placepublique-poster-frPLACE PUBLIQUE

Comédie; Réalisatrice: Agnès Jaoui; avec Agnès Jaoui, Jean-Pierre Bacri, Léa Drucker; Scénaristes: Agnès Jaoui, Jean-Pierre Bacri; Directeur/Photo: Yves Angelo; France 2018, 98 minutes.

Castro, autrefois star du petit écran, est à présent un animateur sur le déclin. Aujourd’hui, son chauffeur, Manu, le conduit à la pendaison de crémaillère de sa productrice et amie de longue date, Nathalie, qui a emménagé dans une belle maison près de Paris. Hélène, sœur de Nathalie et ex-femme de Castro, est elle aussi invitée. Quand ils étaient jeunes, ils partageaient les mêmes idéaux mais le succès a converti Castro au pragmatisme (ou plutôt au cynisme) tandis qu’Hélène est restée fidèle à ses convictions. Leur fille, Nina, qui a écrit un livre librement inspiré de la vie de ses parents, se joint à eux. Alors que Castro assiste, impuissant, à la chute inexorable de son audimat, Hélène tente désespérément d’imposer dans son émission une réfugiée afghane. Pendant ce temps, la fête bat son plein…

4303168 Le film s’appelle “Place publique”, mais se passe dans un jardin privé. Pour Jean-Pierre Bacri, cet espace peut devenir une place publique grâce aux réseaux sociaux. Le comédien/scénariste et Agnès Jaoui voulaient parler de cette nouvelle frénésie de vouloir se faire reconnaître à tout prix, même de son groupe d’amis, par un like sur “Facebook”, qui par exemple valide le petit-déjeuner que l’on vient de filmer et de poster…Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri se sont amusés à se moquer de la célébrité sur les réseaux sociaux. “On ne s’acharne pas non plus sur les réseaux sociaux, tout le monde en prend pour son grade. Il n’y a pas les bons d’un côté et les méchants de l’autre”, confie le second, la première poursuivant : “D’autant plus que certains youtubeurs ont de l’ambition et font des choses vraiment bien. Il y en a même qui s’engagent. Les réseaux sociaux démocratisent et facilitent l’accès à la célébrité. Ce qui fait que les gens de la télé comme Castro perdent terriblement de leur pouvoir et deviennent presque has-been. Les jeunes ne regardent plus la télé, la donne est totalement modifiée.” (Extrait du dossier de presse) 

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DWHWGFOF_R13_70_rgbDON’T WORRY, HE WON’T GET FAR ON FOOT

Drame biographique; Réalisateur: Gus Van Sant; avec Joaquin Phoenix, Jonah Hill, Rooney Mara, Jack Black; Scéanriste: Gus Van Sant, d’après le livre autobiographique de John Callahan; Directeur/Photo; Christopher Blauvelt; Musique: Danny Elfman; USA 2018, 114 minutes; LuxFilmFest 2018. 

Même après avoir failli mourir dans un accident de la route lors d’une nuit de beuverie avec son ami Dexter, John Callahan n’a pas la moindre intention d’arrêter de boire. Il finit pourtant par suivre une cure de désintoxication, soutenu par sa compagne et un mentor charismatique, et se découvre alors un don inattendu… Il crée des dessins à l’humour noir, satirique et insolent, qui lui vaudront un succès international dès leur publication dans la presse. En dessinant, Callahan découvre une nouvelle manière de voir la vie…

  • Gus Van Sant a réussi l’impossible : transformer un classique de la pleurnicherie en une oeuvre encourageante, pleine de vitalité, d’élévation, de joie. (Positif) Gus Van Sant revient de loin ; nous n’aurons pas la cruauté de rappeler le redoutable “Nos souvenirs”. Il signe aujourd’hui une œuvre classique, grinçante, avec de belles parenthèses de mélancolie, le souvenir d’une mère absente, le goût du pardon (autrement plus fort que les breuvages maltés). (Le Figaro) Gus Van Sant renoue avec sa veine mainstream, celle de Will Hunting et Harvey Milk, pour raconter la vie du dessinateur handicapé John Callahan. (Première) C’est d’ailleurs quand il se désintéresse un peu de Joaquin Phoenix (…) pour se passionner pour Jonah Hill que le film gagne en densité. Eblouissant dans ce rôle de riche mentor homosexuel, (…) il est peut-être la véritable métamorphose dont le film est inconsciemment le récit. (Les Inrocks) L’histoire de John Callaghan (Joaquin Phoenix), alcoolique rendu paraplégique par un accident de voiture, dessinateur qui cultive l’incorrection, devient ici un conte édifiant, vivement mené, mais qui glisse sur tout ce qui pourrait fâcher ou interroger dans le parcours de cet homme en marge. (Le Monde) 

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Comédie; Réalisatrice: Eloïse Lang; avec Miou-Miou, Camille Cottin, Camille Chamoux, Johan Heldenbergh; Scénariste: Eloïse Lang, d’après le film suédois “All Inclusive” de Hella Joof; Directeur/ Photo: Antoine Monod; France 2018, 92 minutes; Prix d’Interprétation (Camille Cottin) et Prix du Public au Festuival Intl. du Film de Comédie de l’Alpe d’Huez 2018.

Rose et Alice sont deux sœurs très différentes. Rose est libre et rock n’roll. Alice est rangée et responsable. Elles ne sont d’accord sur rien, à part sur l’urgence de remonter le moral de Françoise, leur mère, fraîchement larguée par leur père pour une femme beaucoup plus jeune. La mission qu’elles se sont donnée est simple « sauver maman » et le cadre des opérations bien défini : un club de vacances sur l’Ile de la Réunion…

Larguées est une adaptation du film suédois All Inclusive d’Hella Joof. Pour son premier long métrage en solo, Eloïse Lang a donc choisi de s’attaquer à un remake. C’est vraiment l’idée de mettre en scène un trio mère/filles qui a stimulé la cinéaste. “J’ai deux soeurs, on est très différentes et toutes les trois extrêmement proches de notre mère. Quand je me suis formée au scénario, un des adages était « write what you know ». La difficulté de vieillir quand on est une femme (et ce à n’importe quel âge), de trouver sa place dans une fratrie, d’assumer ses choix de vie, tout ça c’est du vécu !”, confie-t-elle. (Extrait du dossier de presse)

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Belval goes Bollywood: BEYOND THE CLOUDS

Drame; Réalisateur: Majid Majidi; avec Ishaan Khatter, Malavika Mohanan; Scénariste: Mehran Kshani, basé sur une histoire de Majid Majidi; Directeur/ Photo: Anil Mehta; Musique: A.R.Rahman; Inde 2017, 120 minutes; Présenté au International Film Festival of India 2017; BFI London Film Festival 2017; Dubai Intl. Film Festival 2017.  

Teenager Amir is constantly dodging trouble while dealing drugs in the underbelly of Mumbai. Following a drug bust, he evades the cops and ends up on the doorstep of his estranged sister Tara. Complications from concealing Amir land Tara in jail, but she still sees her brother as her only hope of living in the outside world again. While their lives have been darkened by despair, hope may shine from beyond the clouds…

A Bollywood movie directed by Iranian filmmaker Majid Majidi, which would explain why the film runs only 2 hours rather than the usual 2 1/2 to 3.

  • Critic Guy Lodge based at Variety, stated: “Majidi’s young leads lack finesse, but not emotive conviction, which suits the film’s purposes just fine; egged along by that score, it’s mostly all-caps protest cinema, getting its worthwhile message unambiguously across.” Deborah Young who writes for The Hollywood Reporter, noted: “Beyond the Clouds is more openly dramatic, with its poor siblings caught between the implacable law which throws suspects into prison without trial and ferocious vice lords who control drugs and prostitution with impunity. In this toxic environment, children are collateral victims. For Screen Daily, Wendy Ide reviewed: “Although at times a little overwrought in tone, and at others emphatically sentimental, the film doesn’t pull its punches when it comes to condemning a society which punishes its poor. It’s also an arresting visual experience: a potent recurring motif uses silhouettes; another a scattering flocks of birds. And climactic scenes set against the backdrop of the anarchic festival of Holi encapsulate the film’s vivid energy.” Shyam Krishna Kumar of Gulf News stated: “Beyond the Clouds talks, with an extremely light touch, about the added pressure poverty puts on women and their safety. Majidi manages to tell this story in a country unlike his own — and tell it well — is a testament to its universal strength.”

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