‘The Breadwinner’: deux fois récompensé

Au cours d’une cérémonie très réussie et – surprise – pour une fois très drôle, les Lux Film Prize ont été remis samedi dernier devant un public enthousiaste, où se mélangeaient allégrement politiciens (élections obligent) et professionnels de la profession. Ayant eu le privilège, en tant que membre de l’Académie du Cinéma luxembourgeoise, de participer aux votes, je suis heureux de vous annoncer que tous mes chouchous – GUTLAND de Govinda van Maele, THE BREADWINNER de Nora Twomey, LA SUPPLICATION/LETTERS FROM CHERNOBYL de Pol Cruchten, NOCES de Stephan Streker et la magnifique Vicky Krieps (pour GUTLAND) – ont été récompensés.  C’est donc plus qu’un plaisir que de vous annoncer que THE BREADWINNER a remporté deux prix ET qu’il sort cette semaine sur les écrans luxembourgeois. S’il fallait une preuve que le cinéma made in Luxembourg, et surtout le cinéma d’animation made in Luxembourg, s’est hissé à un niveau de qualité qui nous fait honneur dans le monde, c’est bien ce film magnifique et engagé qui s’adresse d’ailleurs plus à un  public adulte qu’à des enfants. Faites-vous plaisir, courez-y et découvrez vous-mêmes que l’argent investi par l’état luxembourgeois dans le cinéma luxembourgeois donne souvent des résultats surprenants. Jean-Pierre THILGES 

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Le film de la semaine: 

THE BREADWINNER *****

Luxfilm Prize 2018: Meilleur film d’animation en coproduction, meilleure contribution créative dans un film d’animation.  

Titre français: PARVANA; Film d’animation; Réalisatrice: Nora Twomey; avec les voix (v.o.) de Saara Chaudry, Soma Bathia, Ali Kazmi, Laara Sadiq; Scénaristes: Anita Doron, d’après le roman de Deborah Ellis; Musique; Jeff et Mychael Danna; Irlande/ Luxembourg/Canada 2017, 93 minutes; Prix du Public, Prix du Jury, Prix de la meilleure musique au Festival d’Annecy 2018; Sélection officielle Toronto International Film Festival 2017; Nomination: Oscars et Golden Globes 2018 du meilleur long-métrage d’animation.

En Afghanistan, sous le régime taliban, Parvana, onze ans, grandit à Kaboul ravagée par la guerre. Elle aime écouter les histoires que lui raconte son père, lecteur et écrivain public. Mais un jour, il est arrêté et la vie de Parvana bascule à jamais. Car sans être accompagnée d’un homme, on ne peut plus travailler, ramener de l’argent ni même acheter de la nourriture. Parvana décide alors de se couper les cheveux et de se travestir en garçon afin de venir en aide à sa famille. Risquant à tout moment d’être démasquée, elle reste déterminée à trouver un moyen de sauver son père. Parvana est un conte merveilleux sur l’émancipation des femmes et l’imagination face à l’oppression…

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  • Une merveille! Et une oeuvre d’une très grande actualité! Sans doute le plus beau film d’animation co-produit et co-réalisé par le Luxembourg et Mélusine Productions, la société qui continue de se créer un très grand noms parmi les plus grands studios d’animation dans le monde. Dommage que le film arrive si tard sur nos écrans, puisque nous l’avions déjà découvert en septembre 2017 au Festival de Toronto, où les droits avaient d’ailleurs été achetés par Netflix. Parmi les producteurs exécutifs, vous trouverez aussi le nom d’Angelina Jolie, qui s’est beaucoup investie dans le film et sa promotion. Cinq étoiles! Samedi dernier, le film a par ailleurs été plébiscité lors de la remise des LuxFilm Prize, où BREADWINNER a raflé pas un mais deux prix. Félicitations pour un succès amplement mérité. (jpt)

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  • Un bijou d’animation, engagé et exaltant. (Bande à part) Un plaidoyer pour la culture et pour la mémoire, sources de résistance à l’obscurantisme. Et un éloge vibrant de l’imaginaire qui nous console de la réalité, tout en nous inspirant pour la rendre meilleure… (Télérama) Ce mélange de fantasmes et de réalisme resplendit sur écran large, en images superbes […]. Toute cette beauté tempère l’ambiance de guerre, de suspense, de violence suggérée (mais pas gommée). (Positif) Entre conte et naturalisme, un film pudique et toujours juste qui fait de l’imaginaire une arme redoutable contre l’obscurantisme religieux. (Les Inrocks)

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RAFIKI

Drame; Réalisatrice: Wanuri Kahiu; avec Samantha Mugatsia, Sheila Munyiva, Jimmi Gathu; Scénaristes: Wanuri Kahiu, Jenna Bass, d’après la nouvelle “Jambula Tree” de Monica Arac de Nyeko; Directeur/Photo: Christopher Wessels; Kenya, Afrique du Sud, France 2018, 82 minutes; Cannes 2018: Un certain regard

À Nairobi, Kena et Ziki mènent deux vies de jeunes lycéennes bien différentes, mais cherchent chacune à leur façon à poursuivre leurs rêves. Leurs chemins se croisent en pleine campagne électorale au cours de laquelle s’affrontent leurs pères respectifs. Attirées l’une vers l’autre dans une société kenyane conservatrice, les deux jeunes femmes vont être contraintes de choisir entre amour et sécurité…

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La réalisatrice Wanuri Kahiurevient sur la situation des personnes LGBTI au Kenya : “Réaliser un film sur deux jeunes femmes qui s’aiment pose plus largement la question des droits humains en Afrique de l’Est. Au cours des cinq années passées à développer ce film, nous avons assisté à une évolution inquiétante du climat anti-LGBTI en Afrique de l’Est. Certains films de la région ainsi que des émissions de télévision internationales ont été interdits pour des raisons de contenu LGBTI. Ce climat a étouffé les discussions sur les droits LGBTI et a réduit la liberté d’expression. Mais, les choses changent peu à peu, et vont dans le sens du progrès. […] L’homophobie reste répandue au Kenya, mais je crois que tout le monde n’est pas d’accord avec les peines auxquelles sont condamnées les personnes LGBTI, et se développe aussi l’idée que la question de l’orientation sexuelle ne regarde que soi”. (Extrait du dossier de presse) 

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Bien que présenté au Festival de Cannes 2018 dans le cadre de la section Un Certain Regard, Rafiki a été banni par la commission de classification des films au Kenya. Il ne peut donc pas y être distribué et diffusé. Wanuri Kahiu explique : “On m’avait demandé de modifier la fin du film, car ils souhaitaient que ça se termine sur une note de repentance, mais pour moi ça n’aurait pas été conforme avec l’idée d’espoir et de joie à laquelle je tenais, notamment vis-à-vis des spectateurs du monde entier”. (Dossier de presse) 

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  • At a time when Greg Berlanti’s “Love, Simon” is belatedly bringing the subject of adolescent homosexual desire to the mall-movie crowd, along comes “Rafiki” to remind us that LGBT narratives in the mainstream are not to be taken for granted. Many international viewers would identify nothing especially subversive in Kenyan writer-director Wanuri Kahiu’s pure-hearted, candy-colored tale of first love blooming between two teenage girls in the rough streets of Nairobi. Yet at home, where homosexuality remains a criminal offense, “Rafiki” has been slapped with a ban for its positive representation — a state of affairs that makes this lively, brightly performed film impossible not to celebrate, even as its decidedly conventional script skimps on richer dramatic opportunities. Even without the sympathetic controversy engendered by the ban, this Cannes Un Certain Regard entry would be a shoo-in for the LGBT festival circuit and distribution market, in which African queer films remain all too few and far between. Yet while “Rafiki” will receive some international arthouse play, it’s a film that would be most aptly and valuably targeted to the generation about which it has been made, who will hopefully find it through streaming avenues in years to come. For Kahiu, this sophomore feature should secure enough exposure to enable further, more ambitious vehicles for her direct, Afropop-infused style. (Guy Lodge/Variety) 

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I FEEL GOOD

Comédie grinçante; Réalisateurs, scénaristes: Benoît Delepine, Gustave Kervern; avec Jean Dujardin, Yolande moreu, Joseph Dahan, Lou Castel; Directeur/Photo: Hugues Poulain; France 2018, 103 minutes.

Monique dirige une communauté Emmaüs près de Pau. Après plusieurs années d’absence, elle voit débarquer son frère, Jacques, un bon à rien qui n’a qu’une obsession: trouver l’idée qui le rendra riche. Plus que des retrouvailles familiales, ce sont deux visions du monde qui s’affrontent…

I FEEL GOOD. Un film de Gustave Kervern et Benoit Delépine.

“I Feel Good”  trouve son origine dans le village Emmaüs de Lescar-Pau situé dans les Pyrénées-Atlantiques. Les réalisateurs l’ont découvert par le biais de leur collègue de Groland, Jules Edouard Moustic, venu une fois faire le DJ lors du festival de musique. Le réalisateur Gustave Kervern témoigne : “Le film est né du lieu. Et il est né de la manière dont le lieu nous a accueillis. Etre accepté par les compagnons n’est pas donné à tout le monde. Débarquer là-bas, c’est un peu comme franchir la porte d’un saloon dans un western…” Cette communauté alternative accueille les compagnons et développe plusieurs activités : une zone de bric-à-brac, une recyclerie-déchetterie et une ferme alternative. Benoît Delépine précise : “Depuis que Gus et moi faisons des films, nous sommes, même sans le savoir, à la recherche de gens comme ceux qui vivent à Lescar-Pau… L’expérience qui se construit là-bas m’en a rappelé d’autres, par exemple celle d’un village danois, Christiania, où d’anciens babas ont retapé des maisons et développé une vie créative extraordinaire. Lescar-Pau est ce qui, en France, s’en approche le plus.” (Extrait du dossier de presse) 

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THE HOUSE WITH A CLOCK IN ITS WALLS

Film fantastique; Titre français: La prophétie de l’horloge; Réalisateur: Eli Roth; avec Jack Black, Owen Vaccaro, Cate Blanchett, Kyle Mclachlan; Scénariste: Eric Kripke, d’après le roman de John Bellairs; Directeur/Photo: Rogier Stoffers; Musique: Nathan Barr; USA 2018, 106 minutes.

À la mort de sa mère en 1955, Lewis Barnavelt emménage à New Zebedee, au Michigan, chez son oncle Jonathan, un sorcier excentrique installé dans un vieux manoir étrange. Une nuit, le jeune orphelin de 10 ans surprend son oncle en train de chercher une horloge aux pouvoirs maléfiques qui aurait été laissée à l’intérieur des murs de la demeure par les anciens propriétaires. Plongé au cœur d’un monde magique et fantastique, Lewis fait équipe avec Jonathan et une voisine, l’intrigante sorcière Florence Zimmerman toujours vêtue de violet, dans le but de retrouver le précieux objet capable de provoquer la fin des temps…

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  • “Movie magic.” That expression used to mean something quite different back when filmmakers relied on practical effects to make the impossible seem possible, and not every YA protagonist had dormant supernatural powers just waiting to be discovered. Yet another in a pipeline of vaguely Harry Potter-esque wish-fulfillment fantasies, Universal’s clunky but not entirely un-charming “The House With a Clock in Its Walls” makes enchantment so easy — and so ubiquitous — as to feel almost ordinary, being the all-too-familiar story of an orphan who picks up some nifty tricks when he goes to live in a house that ticks. Looking back, Amblin Entertainment — that Steven Spielberg-hatched shingle responsible for such films as “Gremlins” and “The Goonies” — may as well have defined the concept of movie magic for a generation, only to see it watered down by all the computer-generated juvenile thrill rides that followed. The Amblin-produced “House” may as well have been conceived as a throwback to what the label once represented: Like 1985’s darkly hallucinogenic “Young Sherlock Holmes” (whose trippy CG stained-glass sequence was a visual-effects breakthrough for its time), what presents itself as an ominous mystery is in fact a horror movie for kids. (Peter Debruge/Variety) 

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A SIMPLE FAVOR

Thriller; Titre français: L’ombre d’Emily; Réalisateur: Paul Feig, avec Anna Kendrick, Blake Lively, Henry Golding; Scénariste: Jessica Sharzer, d’après le roman de Darcey Bell; Directeur/Photo: John Schwarzman; Musique: Theodore Shapiro: USA 2018, 118 minutes.

Depuis qu’elle est veuve, Stephanie se donne à fond dans l’animation de son blog, Hi, Moms!, et dans des activités bénévoles à l’école de son jeune fils. C’est dans ce contexte qu’elle fait la rencontre fortuite d’Emily, la mère d’un ami de son garçon, avec qui elle se lie rapidement d’amitié. Mais alors que rien ne le laissait présager, Emily disparaît sans laisser de traces, puis est retrouvée morte avec une bonne quantité d’héroïne dans les veines. Tandis que l’enquête policière piétine, Stephanie, soupçonneuse, entreprend de son propre chef une enquête qui l’amènera à découvrir des faits étranges…

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  • After helping redefine what funny women could look like, sound like and do onscreen, Paul Feig takes a left turn with the seductively mounted but underwhelming neo-noir-comedy A Simple Favor. A twisted tale of toxic female friendship, the film offers its share of pleasures: eye candy in human, sartorial and real-estate form, as well as the unmistakable flair of a director and performers who know their way around a piece of pop entertainment. But the result leaves you scratching your head. The mystery isn’t how or why one of the main characters disappears halfway through; it’s what drew Feig to the project to begin with. If you squint hard enough, you can almost see it. As much as any working American filmmaker, Feig adores women: He’s given us two glorious female-fronted farces, Bridesmaids and Spy, and one solid one, The Heat; his Ghostbusters reboot didn’t work, but was so filled with affection for its actresses that one was tempted to give it a “thought that counts” pass. And in A Simple Favor, there are plum parts for Anna Kendrick and Blake Lively, appealing stars whom Feig guides smoothly through the plot’s sudden swerves and swings. But the movie never sheds its aura of talented people trying to class up cheap material. Adapted by Jessica Sharzer (Nerve) from Darcey Bell’s 2017 novel, A Simple Favor pulls from a plethora of sources — Gone Girl, Rebecca, Gaslight, Double Indemnity, Diabolique — some of which the screenplay literally name-checks; it’s less homage or even pastiche than a bargain-basement mash-up of various superior inspirations. (Jon Frosch/Hollywood Reporter) 

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MILE 22

Film d’action; Titre français: 22 miles; Réalisateur: Peter Berg; avec Maek Wahlberg, Lauren Cohan, Iko Uwais, John Malkovich; USA 2018, 95 minutes.

Aux États-Unis, une opération policière clandestine menée par une unité spéciale de la CIA, visant à démanteler une cellule terroriste russe, fait une victime âgée de seulement 18 ans. Seize mois plus tard, l’agent James Silva et son équipe tactique sont appelés à collaborer avec Li Noor, un agent de police indonésien possiblement corrompu qui détient des informations cruciales leur permettant de retrouver 9 lb d’isotopes radioactifs dérobés par des terroristes. Mais le temps presse, la mission se complexifie, et l’étau se resserre sur Silva et ses officiers d’élite…

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  • The heroes of explosive action-espionage thrillers tend to be men of few words, but Mark Wahlberg breaks the pattern in “Mile 22,” a broken-limb, flying-glass dirty-ops spectacular. He plays Jimmy Silva, a walking lethal weapon who leads a U.S. intelligence squad so elite and undercover and ultra-badass that it has severed all legal connection to the government. (That’s so its members can, you know, do what has to be done.) (…)  “Mile 22” takes its jagged attention-deficit rhythm from Wahlberg, and also from Paul Greengrass’ “Bourne” films. It’s like a degraded and darkly pulped version of them, with editing so fast it’s almost pointillistic and surveillance scenes — greatly influenced by the underrated “Jason Bourne” (2016) — that suggest there isn’t a corner of the world, or your bedroom, that the government can’t get into. (…)“Mile 22” marks the fourth collaboration between Wahlberg and the director Peter Berg. The two have made one film together that aimed high (the gripping and convulsive true-life terrorist drama “Patriots Day”). This one aims a lot lower and, more or less, hits the mark. It’s a spiky propulsive thriller, at once exciting and numbing, packed with weaponry — rocket launchers and chunky black machine guns — as well as hand-to-hand combat that’s marked by a quick-time viciousness. Berg, when he wants to be, is a surgical craftsman of chaos. Yet “Mile 22” has no weight or resonance. It’s a down-and-dirty hunk of product designed to kick off a franchise, and that, in the end, is what’s at stake: Can it catch us up in the Greater Narrative? (Owen Gleiberman/Variety) 

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