Murer, Suspiria and some beasts

Alors que notre bouffeur de cancoillotte chef de bureau premier en rang continue ses envolées lyriques bien au-delà des 30.000 entrées et que Freddy Mercury n’arrête pas de chanter (au grand dam de certains critiques), nos cinémas continuent d’afficher des films venus des quatre coins du monde: L’Autriche et le Luxembourg ont coproduit MURER – ANATOMIE EINES PROZESSES de Christian Frosch, qui continue d’accumuler les récompenses un peu partout. L’Italie nous envoie un remake sanglant de SUSPIRIA, mis en scène par Luca Guadagnino. La Grande-Bretagen les USA et J.K. Rowling devraient enchanter les fans du fantastique un peu enfantin avec FANTASTIC BEASTS – THE CRIMES OF GRINDELWALD, réalisé par le fade David Yates, que nous avons toujours considéré comme un technicien sans âme.  WELDI/MY SON de Mohammed Ben Attia nous arrive depuis la Tunisie, et UN HOMME PRESSÉ de Hervé Mimran vient de France, avec Fabrice Lucchini dans ses bagages. Juste un petit rappel que de belles choses se passent aussi sur NETFLIX ces jours-ci, où vous ne devriez par rater le tonitruant et très violent OUTLAW/KING de David Mackenzie. Jean-Pierre THILGES  

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MURER – ANATOMIE EINES PROZESSES

Gerichtsdrama; Regie, Drehbuch: Christian Frosch, nach wahren Begebenheiten; Darsteller: Alexander E.Fennon, Karl Fischer, Roland Jaeger, Mathias Forberg; Kamera: Frank Amann; Musik: Anselme Pau; Österreich/Luxemburg 2018, 137 Minuten; Filmfest München 2018, ua.; Spezialpreis der Jury, Viennale 2018.

Graz 1963. Vor Gericht steht der ehemalige SS-Führer Franz Murer, Leiter des Ghettos von Vilnius von 1941-43. Holocaust-Überlebende reisen an um gegen Murer auszusagen. Die Beweislage ist erdrückend. Dennoch wird Franz Murer unter Beifall der Bevölkerung freigesprochen. Einer der größten Justizskandale Österreichs. MURER erzählt von der Machtlosigkeit der Wahrheit – und wie leicht Politik jenseits moralischer Werte agieren kann – wenn alle mitspielen…

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  • „Der Film  hat mich wie kaum ein anderer der letzten Jahre berührt. Er ist buchstäblich atemberaubend: Ein Thriller, der seine beklemmende Wirkung daraus bezieht, ein Heimatfilm zu sein, die sehr österreichische Version von „Wer die Nachtigall stört“.  Ein Gerichtssaalkrimi, in dem sich der Freispruch für einen Mann als Urteil über eine Nation herausstellt. Dieser Film zeigt nicht nur, sondern lässt uns spüren, dass wir noch immer nicht frei sind, sondern bloß die Erben von Freigesprochenen.“ (Robert Menasse)

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  • 8.11.2018: Der Spezialpreis der Viennale 2018 geht an MURER – ANATOMIE EINES PROZESSES von Christian Frosch. Der Spielfilm schildert das Gerichtsverfahren gegen den österreichischen Funktionär der NSDAP Franz Murer, auch bekannt als der „Schlächter von Vilnius“ aufgrund der Vernichtung von fast 80.000 Juden. Das Verfahren wurde in den 1960er Jahren in Graz abgehalten und endete mit einem Freispruch. MURER – ANATOMIE EINES PROZESSES portraitiert sehr eindrücklich den unaufgearbeiteten österreichischen Nationalsozialismus der Nachkriegszeit, der – man kann es nicht anders sagen – bis heute fortwirkt. Die Jury empfindet den Film deshalb als wichtiges gegenwärtiges Dokument, das aufklärend wirkt. Der Gerichtsfilm stellt die Unverfrorenheit, Kaltblütigkeit und Uneinsichtigkeit der Täter und Täterinnen dem Schmerz und der neuerlichen Demütigung der Opfer sehr genau und berührend gegenüber.

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Film d’épouvante; Réalisateur: Luca Guadagnino; avec Dakota Johnson, Tilda Swinton, Mia Goth, Chloë Grace Moretz, Jessica Harper, Ingrid Caven, Angela Winkler, Sylvie Testud; Scénariste: David Kajganich, basé sur le film de Dario Argento; Directeur/Photo: Sayombhu Mukdeeprom; Musique: Thom Yorke; USA 2018, 152 minutes; Festival de Venise 2018. 

Susie Bannion, jeune danseuse américaine, débarque à Berlin dans l’espoir d’intégrer la célèbre compagnie de danse Helena Markos. Madame Blanc, sa chorégraphe, impressionnée par son talent, promeut Susie danseuse étoile. Tandis que les répétitions du ballet final s’intensifient, les deux femmes deviennent de plus en plus proches. C’est alors que Susie commence à faire de terrifiantes découvertes sur la compagnie et celles qui la dirigent…

Un remake “cérébral” du classique de Dario Argento, réalisé en 1977. qui dura 97 minutes, alors que la version “repensée” de Luca Guadagnino fait 152 minutes. Si cela ne vous fait pas peur, be our guest! Et attachez vos ceintures! (jpt)

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Luca Guadagnino a découvert le film original de Dario Argento alors qu’il n’avait que 10 ans. C’est tout d’abord son affiche, en devanture d’un cinéma désaffecté d’un village fantôme de Cesenatico, qui lui a fait forte impression : “cette image avait laissé une empreinte si marquante que j’ai commencé à la ressasser encore et encore. On traversait le village tous les jours mais la seule chose qui comptait à mes yeux, c’était le moment où on passait devant le cinéma. À chaque fois, j’admirais l’affiche. C’est ainsi que j’ai découvert Dario Argento et Suspiria, qui ont forgé l’une des principales facettes de mon identité, à la fois en tant qu’homme et cinéaste”. C’est à l’âge de 13 ans qu’il visionne le film lors d’une diffusion télévisée : “J’étais à la fois terrifié et euphorique face à son audace folle, son ambition formelle, sa musique et son pouvoir évocateur du concept de sorcières. Ce film a eu une impression tellement phénoménale sur moi que j’ai commencé à me dire, ‘Je veux le revoir. Je veux en apprendre plus’. Je me suis même rendu à la bibliothèque publique pour trouver des articles de journaux à l’époque de sa sortie”. (Extrait du dossier de presse)

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  • “Suspiria” is that rarity, an extreme horror movie made by a deeply serious maestro of a director. Yet considering that it’s a remake of one of the most lavishly nutty baroque-schlock horror films of its era, you’d think Guadagnino might have wanted to lighten up and take a bit more debauched glee in the material. But no. He has said that while he grew up as a fan of Dario Argento’s “Suspiria,” which he saw for the first time when he was 14, he has chosen to reimagine it in the style of a film by Rainer Werner Fassbinder. He isn’t kidding. The new “Suspiria” has more than touch of Fassbinder’s astringent dryness and rigor, and a little of that goes a long way. The movie, while absorbingly crafted, is two-and-a-half hours of solemn slow-burn mystery. It makes you wonder what’s coming next — a remake of “The Hills Have Eyes” done in the style of Chantal Akerman? Hirokazu Kore-eda’s reboot of “Audition”? “Suspiria” has the virtues, but also the limits, of a lavishly cerebral high-end horror film. It holds your attention, and creeps you out at times, but it’s not scary, and it’s not really — dare I say it? — fun. By the time it drags itself to the finish line, you may think, “Okay, now we know what ‘Suspiria’ looks like as an art film. Can we please go back to when it was just a garishly flamboyant piece of bat-house trash?”   (Owen Gleiberman/Variety)                                                                                                           
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FANTASTIC BEASTS – THE CRIMES OF GRINDELWALD

Titre français: Les animaux fantastiques: Les crimes de Grindelwald; Aventures fantastiques; Réalisateur: David Yates; avec Eddie redmayne, Katherine Waterston, Dan Fogler, Jude Law, Johnny Depp; Scénario; J.R.Rowling, d’après ses livres; Directeur/Photo: Philippe Rousselot; Musique: James Newton Howard; USA 2018, 134 minutes.

1927. Quelques mois après sa capture, le célèbre sorcier Gellert Grindelwald s’évade comme il l’avait promis et de façon spectaculaire. Réunissant de plus en plus de partisans, il est à l’origine d’attaque d’humains normaux par des sorciers et seul celui qu’il considérait autrefois comme un ami, Albus Dumbledore, semble capable de l’arrêter. Mais Dumbledore va devoir faire appel au seul sorcier ayant déjoué les plans de Grindelwald auparavant : son ancien élève Norbert Dragonneau. L’aventure qui les attend réunit Norbert avec Tina, Queenie et Jacob, mais cette mission va également tester la loyauté de chacun face aux nouveaux dangers qui se dressent sur leur chemin, dans un monde magique plus dangereux et divisé que jamais…

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Les Animaux fantastiques : Les crimes de Grindelwald est la suite des Animaux fantastiques (2016) et constitue le deuxième spin-off de Harry Potter. Ce long métrage de David Yates est également le dixième film de la franchise du monde des sorciers née de la plume de J. K. Rowling. L’histoire de ce second film reprend là où elle s’était arrêtée dans le film précédent : à New York, où, depuis son arrestation, Grindelwald est emprisonné dans une cellule située dans les profondeurs du MACUSA. (Dossier de presse)

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  • To start with, some credit where it’s due: In the nearly half century since the death of J.R.R. Tolkien, no writer of the English language has created a more pliable, tangible, and livable fantasy world than J.K. Rowling. And save for Peter Jackson’s sojourns to Middle Earth, no recent filmmaker has put in a more tireless shift translating such literary plenitude into comprehensible feature films than David Yates, who corralled the mammoth last three “Harry Potter” tomes into four hugely satisfying blockbusters and put a decent foot forward with the first of five planned prequels, 2016’s uneven yet promising “Fantastic Beasts and Where to Find Them.” Unfortunately, even the most meticulous world-building is only half the journey; you still have to populate that world with real characters and compelling stories, and it’s that second half of the equation that comes up missing in “Fantastic Beasts: The Crimes of Grindelwald.” The noisiest, most rhythmless, and least coherent entry in the Wizarding World saga since Alfonso Cuarón first gave the franchise its sea legs in 2004, “Grindelwald” feels less like “The Hobbit” than a trawl through the appendixes of “The Silmarillion” — a confusing jumble of new characters and eye-crossing marginalia. Most of the surface pleasures of filmic Potterdom (the chiaroscuro tones, the overqualified character actors, the superb costuming, James Newton Howard’s warmly enveloping score) have survived intact, but real magic is in short supply. (Andrew Barker/Variety)         fnbst2firstlook3000x1800_r01master_rev_1.0

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Titre français: Mon cher enfant; Drame; Réalisateur, scénariste: Mohamed Ben Attia; avec Mohamed Dhrif, Mouna Mejri, Zakari Ben Ayyed; Directeur/Photo: Frédéric Noirhomme; Tunisie/Belgique/France 2018, 104 minutes; Quinzaine des Réalisateurs, Cannes 2018. 

A Tunis, Riadh, agent portuaire à deux doigts de la retraite, se fait un sang d’encre pour son fils de 19 ans, Sami, rongé par de violentes migraines. Du jour au lendemain, Sami disparaît du domicile, parti en Syrie faire le djihad. Démarche que ses parents, humbles représentants de la classe moyenne tunisienne, n’avaient pas vu venir. Sonne alors l’heure des questions qui fâchent : comment un fils peut-il rejeter à ce point le mode de vie de ses parents ?Comment la radicalisation de Sami a-t-elle ainsi pu passer sous le radar des institutions scolaires ou médicales ? Et la plus importante : que faire désormais ? (Résumé: Le Monde)

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  • Weldi (Mon cher enfant/Dear Son), deuxième long-métrage du Tunisien Mohamed Ben Attia, projeté à la Quinzaine (pendant qu’un orage, à l’extérieur, décoiffait la Croisette), scrute le parcours moral d’un père plongé dans le désarroi, dont l’existence entière se délite dans l’onde de choc de ce départ. Sa quête le confronte à l’implicite social de la réussite : obtenir un diplôme, se marier, travailler, suffisent-ils encore à définir une vie qui mérite d’être vécue ? Weldi aborde ces questions importantes selon une une conception minimale de la mise en scène et un régime réaliste de base, la caméra restant la plupart du temps vissée au point de vue de son protagoniste. Entièrement voué à l’exposition de son sujet, le film fait preuve d’une linéarité quelque peu didactique, toutefois éclaircie par la belle densité de ses personnages. (Mathieu Macheret/Le Monde) 

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Comédie dramatique; Réalisateur, scénariste: Hervé Mimran; avec Fabrice Luchini, Leïla Bekhti, Rebecca Marder; Co-scénariste: Hélène Fillières, d’après le livre de Christian Streiff;  Directeur/Photo: Jérôme Alméras; Musique: Balmorhea; France 2018, 100 minutes.

Alain est un homme d’affaires respecté et un orateur brillant. Il court après le temps. Dans sa vie, il n’y a aucune place pour les loisirs ou la famille. Un jour, il est victime d’un accident cérébral qui le stoppe dans sa course et entraîne chez lui de profonds troubles de la parole et de la mémoire. Sa rééducation est prise en charge par Jeanne, une jeune orthophoniste. À force de travail et de patience, Jeanne et Alain vont apprendre à se connaître et chacun, à sa manière, va enfin tenter de se reconstruire et prendre le temps de vivre…

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  • Film tendre qui part d’un accident qui peut tout changer dans une vie, Un homme pressé aborde avec délicatesse différents thèmes, tels que le passage du temps, la difficulté de tout gérer en une journée ou encore la nécessité parfois de prendre du temps pour soi, pour se retrouver et se rappeler ces rêves d’enfants que nous n’avons pas réussi à réaliser. (aVoir-aLire.com) Hervé Mimran livre ici un déroulé sans inventivité de toutes les ficelles éculées de la comédie dramatique grand public. (Les Fiches du Cinéma) Hélas, cet habile numéro d’acteur sert une histoire de rédemption prévisible et mièvre : ou comment, à force de fréquenter une gentille orthophoniste et au terme d’un parcours très plat, l’homme odieux ­devient un brave type. La preuve : il apprend à dire « merci » à son chauffeur. Sacré progrès social. (Télérama) 

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