Gloria Bell(e) et quelques bébêtes

On n’est plus très loin du Festival de Cannes (auquel – pour diverses raisons – je ne participe plus depuis 3 ans) et la programmation dans nos salles commence à sentir l’été. Si vous êtes fan de la rayonnante Julianne Moore, vous ne voudrez pas rater GLORIA BELL de Sebasian Lelio, même si le film (un remake) m’a laissé un peu sur ma faim. HOTEL MUMBAI rappelle à notre souvenir l’attaque terroriste sur un hôtel de luxe à Mumai, le 26 novembre 2008. Rien d’aussi méchant dans MINUSCULE 2 –  LES MANDIBULES DU BOÛT DU MONDE, un film d’animation numérique pour petites et grandes bêtes. Et pour arrondir, trois nouvelles productions francophones: DUELLES d’Olivier Masset-Depasse, NOUS FINIRONS ENSEMBLE de Guillaume Canet, et  QUI M’AIME ME SUIVE de José Alcala. Bien évidemment, tous ces films se feront écrabouiller par AVENGERS-ENDGAME, qui continue de pulvériser tous les records connus et inconnus du box-office international…et qui devrait rapidement dépasser les milliards de dollars de recettes dans le monde. Picsou a encore frappé un grand coup, mais le cinéma que nous aimons ne s’en portera guère mieux, puisque – à part ce genre de blockbusters – les Américains produisent de moins en moins de films “différents”.  Jean-Pierre THILGES   

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GLORA BELL ***

Comédie dramatique et romantique; Réalisateur: Sebastián Lelio; avec Julianne moore, John Turturro, Caren Pistorius, Michael Cera, Jeanne Tripplehorn, Rita Wilson, Sean Astin;  Scénaristes: Sebastián Lelio, Alice Johnson Boher, basé sur le film “Gloria” (Chili 2013); Directeur/Photo: Natasha Braier; Musique:  Matthew Herbert; USA 2018, 101 minutes; Toronto Intl. Film Festival 2018; Film d’Ouverture LuxFilmFest 2019.

La cinquantaine frémissante, Gloria est une femme farouchement indépendante. Tout en étant seule, elle s’étourdit, la nuit, dans les dancings pour célibataires de Los Angeles, en quête de rencontres de passage. Jusqu’au jour où elle croise la route d’Arnold. S’abandonnant totalement à une folle passion, elle alterne entre espoir et détresse. Mais elle se découvre alors une force insoupçonnée, comprenant qu’elle peut désormais s’épanouir comme jamais auparavant…

  • En faisant un remake de son propre film chilien de 2013 (Gloria), Sebastián Lelio a adapté son histoire au goût américain et il peut remercier le Seigneur sur ses deux genoux que la merveilleuse, dynamique et ravissante Julianne Moore ait accepté de jouer le rôle principal, car sans elle, sans sa fougue et sans son courage de se laisser aller, le film n’existerait tout simplement pas.  Ce n’est pas la première fois que l’actrice prouve qu’elle n’a pas froid aux yeux, elle l’avait déjà fait pour Robert Altman et elle le refait de nouveau ici. Se dénuder physiquement et psychologiquement de cette façon devant une caméra demande du courage et de l’engagement. Julianne Moore ne manque ni de l’un ni de l’autre. En plus, elle démontre une nouvelle fois que les femmes mûres sont les plus belles. Trois étoiles pour Julianne. (jpt)            86882_ppl.jpg
  • Julianne Moore puts on her dancing shoes in ‘A Fantastic Woman’ director Sebastian Lelio’s English-language remake of his 2013 Chilean drama ‘Gloria.’ When filmmakers from outside the Anglosphere recycle their earlier work into English-language remakes, the results are often disastrous. But Chilean writer-director Sebastian Lelio continues his winning streak with “Gloria Bell”, a joyously bittersweet reboot of his 2013 Spanish-language prizewinner Gloria, which is graced by a finely etched and vanity-free lead performance by Julianne Moore. Lelio and Moore honor the original film without slavishly re-creating it. Crucially, like its predecessor, Gloria Bell maintains a warm but rigorously unsentimental tone despite material that could easily lend itself to mawkish sentimentality. The setting may have moved from Santiago to Los Angeles, but the story has not been Hollywoodized. (Stephen Dalton/Hollywood Reporter) 

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MINUSCULE 2 – LES MANDIBULES DU BOUT DU MONDE

Animation numérique; Réalisateurs, scénaristes: Thomas Szabo, Hélène Giraud; avec les voix de Thierry Frémont, Bruno Salomone, Stéphane Coulon; Directeur/Photo: Dominique Fausset; Musique: Mathieu Lamboley; France 2019, 92 minutes.

Quand tombent les premières neiges dans la vallée, il est urgent de préparer ses réserves pour l’hiver. Hélas, durant l’opération, une petite coccinelle se retrouve piégée dans un carton… à destination des Caraïbes ! Une seule solution : reformer l’équipe de choc ! La coccinelle, la fourmi et l’araignée reprennent du service à l’autre bout du monde. Nouveau monde, nouvelles rencontres, nouveaux dangers… Les secours arriveront-ils à temps ?

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  • Tout cela est mené tambour battant, proche de l’esprit d’un Tex Avery, à cette différence qu’il ne s’agit pas d’un dessin animé, mais d’images de synthèse (pour les insectes), collées sur des décors réels. Un boulot de dingue, dont le résultat n’a rien à envier à une production Pixar et prouve, si tant est qu’il fallait encore le démontrer, que l’animation française est dans une forme olympique. (L’Express) Burlesque, poétique… et entièrement français, ce second opus est encore plus réussi que le précédent. (Télérama) Impossible de bouder son plaisir. Il y a de nouvelles invitées : une mygale rasta, des chenilles urticantes, une mante pas très religieuse, et notre coccinelle a une arme secrète, des petits pets fluo (mais terribles). Fun et sympa. (Nouvel Observateur) La recette reste imparable : une prise de vue soignée dans des sous-bois réels ou reconstitués en studio pour tout ce qui est végétal, une animation 3D hors pair pour le petit peuple de l’herbe revu façon Tex Avery, avec bruitages rigolos, gags visuels et clins d’oeil cinéphiliques… (Positif) 

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HOTEL MUMBAI

Drame; Réalisateur: Anthony Maras; avec Dev Patel, Armie Hammer, Jason Isaacs; Scénaristes: John Collee; Anthony Maras; Directeur/Photo: Nick Matthews; Australie/Inde/USA 125 minutes.

Le 26 novembre 2008, Mumbai, capitale financière de l’Inde, subit les assauts de commandos membres d’une organisation islamiste terroriste basée au Pakistan. Frappée en douze endroits différents, la ville est en proie à la terreur et à la peur. L’une des cibles des attaques est le Taj Mahal Palace, assiégé par quatre hommes lourdement armés qui se sont introduits dans l’hôtel en profitant de la panique générale. Pendant que les tireurs font d’innombrables victimes, les secours tardent à arriver, car la principale force d’intervention spécialisée se trouve à Delhi. Réagissant rapidement, des employés, sous la gouverne du chef cuisinier, risquent leur vie pour cacher le plus grand nombre de personnes possible à la vue des tueurs…

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  • Inspiré du documentaire “Surviving Mumbai” sorti en 2009, ce film est la reconstitution d’un attentat qui a fait plus d’une centaine de morts et blessés dans un hôtel chic de Mumbai en 2008, et raconte de l’intérieur ce moment tragique. Il se déroule dans un climat de tension qui va grandissant, au gré des attaques meurtrières, des fusillades, des explosions et des affrontements qui culminent dans un dénouement sanglant. (Régie du Cinéma, Québec)                           
  • Who’s to blame for popularizing reenactments of real-life terrorist attacks? Should we point the finger at “United 93” director Paul Greengrass, or maybe Steven Spielberg’s morally gray “Munich” a year earlier? The entire genre traces back to Gillo Pontecorvo’s game-changing “The Battle of Algiers” in 1966, which challenged our ideas of on-screen realism by posing as a cinema vérité newsreel. Even so, such re-creations didn’t become chic until after 9/11, when action movies in which folks such as Sean Connery and Arnold Schwarzenegger saved the day from terrorist plots gave way to those in which successful attacks became the focus. There’s little doubt that “Hotel Mumbai” director Anthony Maras has seen all these movies and then some, although what’s not so clear is why he felt compelled to tell the story of the 2008 Mumbai attacks — a series of 12 separate terror incidents that culminated in the bloody siege on the Taj Mahal Palace Hotel, where the bulk of the film takes place, and where stars such as Armie Hammer and Dev Patel mix with unknowns to portray how real people reacted to those events. Sitting through the harrowing events again nearly a decade later could hardly be described as entertainment, and the film plays to many of the same unseemly impulses that make disaster movies so compelling, exploiting the tragedy of the situation for spectacle’s sake. Here, Maras’ intent seems to be a chance for audiences to consider that universal question: “What would you do if you found yourself in the same situation?” (…) But “Hotel Mumbai” doesn’t subscribe to traditional notions of heroism, providing no one even remotely action star-like to stand up to the gunmen. The puny local police squad appear clumsy and completely out of their depth, posing little threat to the terrorists. It took Indian Special Forces many hours to arrive on the scene, during which time, hotel guests and staff were repeatedly forced to decide between the most immediate impulse for survival (several employees take the opportunity to protect themselves and go home) and the far more selfless choice of risking their lives in hopes of saving others. Whatever else it may offer to audiences — vicarious thrills, emotional catharsis — “Hotel Mumbai” serves as a testament to those remarkable individuals. (Peter Debruge/Variety) 

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DUELLES

Drame, thriller; Réalisateur: Olivier Masset-Depasse; avec Veerle Batens, Anne Coesens,  Mehdi Nebbou; Scénaristes: Olivier Masset-Depasse; Giordano Gederlini, d’après le livre de Barbara Abel; Directeur/Photo: Hichame Alaouie; Musique: Frédéric Vercheval; Belgique/France 2019, 93 minutes.

Au début des années 1960, Alice et Céline vivent avec leurs familles dans la banlieue de Bruxelles. Elles sont les meilleures amies du monde jusqu’au jour où survient un événement tragique qui vient bouleverser leur univers quotidien…

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Dès ses premiers courts métrages, “Chambre Froide” (2000) et Dans l’ombre (2004), Olivier Masset-Depasse filme des personnages féminins déterminés et prêts à tout pour atteindre leurs buts. “Cages” (2006), son premier long-métrage, qui relate une passion amoureuse destructrice, fait le tour des festivals internationaux dont Toronto et Rome et remporte un joli succès public en Belgique. “Illegal” (2010) (NDLR: co-produit par le luxembourg) , son deuxième long-métrage, est un thriller psychologique sur fond de critique sociale. Le film est sélectionné pour représenter la Belgique aux Oscars et César 2011 dans la catégorie “Meilleur film en langue étrangère. (Extrait du dossier de presse) 

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NOUS FINIRONS ENSEMBLE

Comédie dramatique; Réalisateur: Guillaume Canet; avec François Cluzet, Marion Cotillard, Gilles Lellouche, Laurent Lafitte, Benoît Magimel, José Garcia; Scénaristes: Guillaume Canet, Rodolphe Lauga; France 2019, 135 minutes.

Préoccupé, Max est parti dans sa maison au bord de la mer pour se ressourcer. Sa bande de potes, qu’il n’a pas vue depuis plus de 3 ans, débarque par surprise pour fêter son anniversaire ! La surprise est entière, mais l’accueil l’est beaucoup moins. Max s’enfonce alors dans une comédie du bonheur qui sonne faux, et qui mettra le groupe dans des situations pour le moins inattendues. Les enfants ont grandi,  d’autres sont nés, les parents n’ont plus les mêmes priorités. Les séparations, les accidents de la vie. Quand tous décident de ne plus mettre de petits mouchoirs sur les gros bobards, que reste-t-il de l’amitié ?

Nous finirons ensemble : Photo Marion Cotillard

  • En mai, fais ce qu’il te plaît! “Nous finirons ensemble” est la suite des “Petits Mouchoirs” qui, en 2010, avait fait un carton en France avec 5.4 millions d’entrées, battu uniquement par un Harry Potter. L’original avait fait 2 heures et 34 minutes, celui ne fait “que” 2 heures et 15 minutes. Ouf! (jpt)   

Nous finirons ensemble : Photo Benoît Magimel, Clémentine Baert, François Cluzet, Gilles Lellouche, Joel Dupuch

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QUI M’AIME ME SUIVE !

Comédie; Réalisateur: José Alcala; avec Daniel Auteuil, Catherine Frot, Bernard Le Coq; Scénaristes: José Alcala, Agnès Caffin; Directeur/Photo: Philippe Guilbert; Musique: Fred Avril; France 2019, 90 minutes.

Gilbert et Simone vivent une retraite agitée dans un village du Sud de la France. Le départ d’Étienne, son voisin et amant, le manque d’argent, mais surtout l’aigreur permanente de son mari, poussent Simone à fuir le foyer. Gilbert prend alors conscience qu’il est prêt à tout pour retrouver sa femme, son amour…

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  • Loin du tout-venant, on y voit des vieux qui se désirent, des pauvres au soleil, des soixante-huitards pas embourgeoisés, des problèmes d’argent et d’amour plutôt que des dilemmes moraux, et tout cela écrit de manière à ne jamais épaissir le trait d’un soupçon de condescendance, de moquerie de classe ou de puritanisme.Cette jolie romance sentimentale autour d’un trio amoureux de jeunes sexagénaires vivant dans un village du sud de la France a des accents de comédie à l’italienne. On se laisse volontiers embarquer par ces trois déclassés pleins de charme et de ressource. (Les Fiches du Cinéma) Comédie amoureuse de sexagénaires, Qui m’aime me suive possède un charme et une fraîcheur qui tiennent pour beaucoup au jeu énergique et nuancé du trio d’acteurs, et à un scénario qui contourne, la plupart du temps, les facilités du genre. (Le Monde) 

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