À couteaux tirés…

Non, le titre de notre ciné-blog hebdomadaire ne fait pas allusion à la campagne infecte des “forces obscures de la nation” pour dénigrer et enfoncer le travail du Film Fund, qui a culminé mercredi dernier quand RTL a diffusé un “reportage” tendancieux qui ne mérite même pas son nom. Non, les couteaux tirés sont ceux de la comédie policière KNIVES OUT de Rian Johnson, une comédie tout à fait folle au casting de rêve. Casting exceptionnel aussi pour – justement – une expérience cinématographique “made in Luxembourg”, puisque DE BUTTEK de Luc Feit est un film “improvisé”, où le réalisateur à donné “carte blanche” à ses acteurs pour improviser leurs propres dialogues.  Résultat en dents de scie, certes, mais hilarant par moments. Dans LAST CHRISTMAS de Paul Feig d’après un scénario de Emma Thompson, la musique de George Michael et de Wham! sert de toile de fond à une histoire d’amour très festive pour les fêtes de fin d’année. PROXIMA d’Alice Winocour, avec Eva Green (en astronaute) et Matt Dillon, nous avait déçus à Toronto. SYMPATHIE POUR LE DIABLE est un film sur le journalisme (non, je ne dis rien), alors que le documentaire AMAZING GRACE célèbre la vie et la carrière de la chanteuse Aretha Franklin, filmée en 1972 par Sydney Pollack. Quant à FROZEN 2, sorti mercredi dernier, il fait un malheur comme nous l’avions prédit: en 4 jours, le nouveau film d’animation de l’écurie Disney a fait 350 millions de dollars de recettes dans le monde. Jean-Pierre THILGES    

* Ajoute de dernière minute: CHANSON DOUCE de Lucie Borleteau, avec Karin Viard, que vous trouverez en fin de blog.

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KNIVES OUT ****

À couteaux tirés; Comédie policière; Réalisateur, scénariste: Rian Johnson; avec Daniel Craig, Jamie Lee Curtis, Chris Evans, Ana de Armas, Michael Shannon, Don Johnson, Tony Collette, Christopher Plummer, Frank Oz, M. Emmet Walsh; Directeur/Photo: Steve Yedlin; Musique: Nathan Johnson; USA 2019, 131 minutes; Sélection officielle Festival de Toronto 2019.

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Célèbre auteur de polars, Harlan Thrombey est retrouvé mort dans sa somptueuse propriété, le soir de ses 85 ans. L’esprit affûté et la mine débonnaire, le détective Benoit Blanc est alors engagé par un commanditaire anonyme afin d’élucider l’affaire. Mais entre la famille d’Harlan qui s’entre-déchire et son personnel qui lui reste dévoué, Blanc plonge dans les méandres d’une enquête mouvementée, mêlant mensonges et fausses pistes, où les rebondissements s’enchaînent à un rythme effréné jusqu’à la toute dernière minute…

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  • Pauvre Agatha Agatha Christie…elle doit se retourner dans sa tombe. Et pourtant, ce film totalement à côté de la plaque est le plus bel hommage que le cinéma pouvait faire à celle qui, depuis des décennies, est responsable de tous ces “whodoneit” dont on avait l’impression qu’ils étaient toujours tricotés sur la même trame narrative, avec chaque fois une “révélation” à la dernière minuite du vrai coupable lors d’une réunion de tous les suspects. Cette fois, ce n’est pas Hercule Poirot qui démasque le coupable, mais un détective privé du nom de Benoît Blanc (campé par un Daniel Craig inédit). Le film, écrit et réalisé par Rian Johnson, est un pur plaisir et apporte la preuve que – si le cinéma américain se donne les moyens pour casser certains moules – le résultat peut s’avérer spectaculaire. À voir tous ces grands acteurs se faire plaisir en sortant de leurs gonds, le spectateur pourra se défouler en leur compagnie. 4 étoiles! (jpt)

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  • Now here’s a mystery worth solving: Why doesn’t Hollywood give us more ridiculously complicated, gratuitously eccentric whodunits? You know, the kind of all-star affairs where a colorful assortment of highly suspicious characters gather in a remote manor, or at an old castle, or on the Orient Express, in order to be confronted by a corpse and the prospect that a murderer lurks among them. It’s not that audiences have lost their appetite for such tales. Au contraire, ’twas television that killed the old-fashioned detective story. Over the years, “Murder She Wrote” and “Masterpiece Mystery!” have rendered such movies redundant — on the big screen at least — by solving procedurals on the small screen each week. With “Knives Out,” writer-director Rian Johnson shows that there’s life left in the genre, paying crowd-pleasing tribute to the likes of Arthur Conan Doyle, Agatha Christie and Ruth Rendell with a wondrously convoluted case recounted in the most roundabout way possible. Taking a break between “Star Wars” sequels to knock off something a little less far, far away from his heart (which is not to say that he hasn’t put himself into George Lucas’ galaxy), Johnson returns to the genre that started it all for him — as the director who translated hard-boiled detective novels to a high school setting in his 2005 debut, “Brick.” The director has learned a few tricks since, and here he gets to show them off in service of a suitably squirrelly plot. (Peter Debruge/Variety)

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DE BUTTEK ***

Comédie improvisée; Réalisateur: Luc Feit; Concept: Luc Feit, Guy Helminger; avec André Jung, Martin Engler, Philippe Thelen, Catherine Janke, Sophie Mousel, Germain Wagner, Anouk Wagener, Fabienne Hollwege, Luc Schiltz, Valérie Bodson, Kalus Nierhoff, Jules Werner; Directeur/Photo: Tom Bierbaumer; Musique: Sophie Balbeur; Luxembourg 2019, 93 minutes.

Chaque année, André, le pdg d’une chaîne de magasins pour articles sanitaires au Luxembourg invite son personnel pour une fête de Noël, dans un hôtel du nord du pays. Cette année ne sera pascomme les autres. D’abord parce qu’André a convoqué un invité-surprise, son fils naturel… et parce qu’il a une information choquante à révéler. À partir de ces deux moments-clés, tout dérape…

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  • “Je ne vous comprends pas!” gueule Valérie à la tête du monsieur allemand venu à la fête de Noël pour faire une présentation, en allemand bien évidemment, de chariots rollator pour vieilles gens. C’est aussi ce que doivent se dire les spectateurs invités à cette sauterie frappadingue si on ne leur dit pas que le film qu’ils sont en train de découvrir a été improvisé du début à la fin, par les acteurs, sur une trame narrative imaginée par Guy Helminger et Luc Feit. Ce qui veut dire que tout ce beau monde, la crème de la crème des acteurs luxembourgeois, s’est enfermée pendant deux semaines dans un hôtel perdu pour s’amuser à imaginer une histoire que chacun forme à son goût, pour arriver à ce que l’on pourra appeler “une expérience unique dans l’histoire du cinéma luxembourgeois”. Il est évident qu’une telle expérience aboutit à  un film en dents de scie. Certains moments déclenchent l’hilarité générale dans la salle, le discours de Catherine par exemple, qui nous a fait pleurer…de rire ou la pauvre Valérie (toujours elle) à la recherche d’une chambre perdue ou encore le patron de l’hôtel, maître absolu en multi-tasking.  Mais il y a aussi quelques temps morts, où on atteint les limites de l’expérience et où l’histoire tourne à vide. Cela dit, les moments de pur plaisir sont abondants et – pour peu qu’on s’intéresse un peu au cinéma “made le long de la Sûre” – on prendra du  plaisir  à assister à ce karaoke-okay-okay de Luc Feit et de ses complices un tantinet éméchés. Ils se sont mêmes farcis d’un hommage à “Ben Hur”. 3 étoiles improvisées. (jpt) 

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LAST CHRISTMAS

Comédie romantique; Réalisateur: Paul Feig; avec Emilia Clarke, Henry Golding, Michelle Yeoh, Emma Thompson; Scénaristes; Emma Thompson, Bryony Kimmings, Greg Wise; Directeur/Photo: John Schwartzman; Musique: Theodore Shapiro, George Michael, Wham!;  GB/USA 2019, 103 minutes.

Kate traîne derrière elle une série de mauvaises décisions et erre dans Londres au son des grelots accrochés à ses bottes de lutin, seul emploi qu’elle ait réussi à décrocher dans une boutique de Noël. C’est pourquoi elle n’en croit pas ses yeux quand elle rencontre Tom qui semble voir en elle bien plus que ce qu’elle laisse paraître. Alors que la ville se pare de ses plus beaux atours pour les fêtes de fin d’année, rien ne semblait les prédisposer à nouer une relation. Mais parfois, il suffit de laisser opérer la magie de Noël, d’ouvrir son cœur et d’y croire…

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En 2009, David Livingstone a eu l’idée de développer une comédie romantique basée sur la chanson “Last Christmas” de George Michael. Le producteur suggéra l’idée au chanteur qui la trouva intéressante… Sous réserve qu’Emma Thompson soit impliquée. Cette dernière en a parlé à son mari Greg Wise et ils se sont mis à travailler sur l’histoire, sans que les choses n’aboutissent. Plusieurs années après, Livingstone est revenu à la charge, mais Thompson n’était plus disponible pour plancher sur le scénario. La production a alors demandé au scénariste Bryony Kimmings reprendre le bébé et il rédigea un premier jet. Mais le 25 décembre 2016, George Michael est décédé. Wise est alors tombé sur David Austin, l’ami et ancien manager de chanteur, qui a relancé le projet. On a fxé un rendez-vous avec Emma, et David nous a fait écouter des morceaux inédits de George. C’était galvanisant, ça nous a tous reboostés. On avait un super scénario dans les mains et on allait rendre un bel hommage à cette formidable icône de la pop”, se souvient Livinbgstone. (Extrait du dossier de presse)

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  • The music of George Michael and Wham! is hauled out on to the soundtrack of this mouldy tangerine of a movie with about the same level of care and sensitivity that you might find on the festive mixtape at a motorway service station. Say what you will about Yesterday, but at least it revered the music it co-opted. Here, we have a central character, Kate (Emilia Clarke), who has a George Michael sticker on her suitcase but a relationship with his music that is never explored. The film, directed by Paul Feig and written by Emma Thompson, Greg Wise and Bryony Kimmings, is full of unsatisfying dead ends and seems more preoccupied with scoring worthy points than it is with tying together the story. Kate, formerly a talented singer, works as an elf in a year-round Christmas emporium and has lost her direction. (Wendy Ide/The Guardian)

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PROXIMA **

Drame; Réalisatrice: Alice Winocour; avec Eva Green, Zélie Boulant-Lemesle, Matt Dillon, Lars Eidinger, Sandra Hüller; Scénaristes: Alice Winocour, Jean-Stéphane Bron; Directeur/Photo: Georges Lechaptaois; Musique: Ryuichi Sakamoto; France/Allemagne 2019, 106 minutes; Sélection officielle Festival de Toronto 2019.                                                      maxresdefault

Sarah est une astronaute française qui s’apprête à quitter la terre pour une mission d’un an, Proxima. Alors qu’elle suit l’entraînement rigoureux imposé aux astronautes, seule femme au milieu d’hommes, elle se prépare surtout à la séparation avec sa fille de 8 ans….

Un film qui avait tout pour nous plaire (Eva Green, une femme astronaute, les adieux douloureux à sa fille), mais qui nous a laissés de glace lors de sa projection à Toronto (jpt)

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SYMPATHIE POUR LE DIABLE

Drame; Réalisateur: Guillaume de Fontenay; avec Niels Schneider, Ella Rumpf, Vincent Rottiers; Scénaristes: Guillaume de Fontenay, Guillaume Vigneault, Jean Barbe, d’après le livre de Paul Marchand; Directeur/Photo: Pierre Aïm; France 2019, 100 minutes.

Sarajevo, novembre 92, sept mois après le début du siège. Le reporter de guerre Paul Marchand nous plonge dans les entrailles d’un conflit fratricide, sous le regard impassible de la communauté internationale. Entre son objectivité journalistique, le sentiment d’impuissance et un certain sens du devoir face à l’horreur, il devra prendre parti…

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Paul Marchand était un reporter de guerre français né en 1961. En juin 1992, il est l’un des premiers journalistes à arriver à Sarajevo comme freelance pour les journaux, radios et télés francophones d’Europe et du Canada. Il a connu deux des carnages qui ont marqué cette fin de siècle : le Liban et la Bosnie. Par ses actions et ses articles chocs, Paul Marchand a bousculé les conventions. Devenu journaliste un peu par hasard après ses études, il couvre durant huit ans la guerre à Beyrouth, puis la guerre de Bosnie et le siège de Sarajevo pendant presque deux ans. En cotoyant l’horreur humaine la plus totale, il a enfin l’impression de vivre et d’agir véritablement, d’agir et d’influencer un monde que l’indifférence calfeutre d’habitude. En 1994, il a obtenu le Prix spécial du jury du Prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre. En 2009, il se donne la mort par pendaison. (Extrait du dossier de presse)

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AMAZING GRACE – ARETHA FRANKLIN

Documentaire musical; Réalisateurs: Alan Elliott, Sydney Pollack+;  avec Aretha fRanklin, Mick Jagger, Sydney Pollack, Charlie Watts, etc.; USA 2019, 87 minutes.

En janvier 1972, Aretha Franklin enregistre un album live dans une église intimiste du quartier de Watts à Los Angeles. Le disque de ce concert mythique, AMAZING GRACE, devient l’album de Gospel le plus vendu de tous les temps, consacrant le succès de la Reine de la Soul. Si ce concert a été totalement filmé, les images n’ont jamais été dévoilées… Jusqu’à aujourd’hui.

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  • Un pur moment de grâce, qui rappelle qu’Aretha Franklin avait l’une des plus belles voix au monde. (aVoir-aLire.com)Dans cette paroisse modeste et nue envahie par les caméras et les fils, le cinéaste Sydney Pollack a filmé magnifiquement l’exaltation générale, la magie des regards, les larmes des participants (y compris du révérend dont on devine les sanglots) et même la transe des fidèles, parmi lesquels on aperçoit Mick Jagger et Charlie Watts des Rolling Stones.  (Culturebox-France Télévisions) Dépoussiérées et resynchronisées, les images captées par Sydney Pollack forment un documentaire juste et entraînant.  (Libération) L’évidence, la simplicité et la puissance des plans qui composent Amazing Grace s’imposent si fortement qu’on a du mal à croire à la genèse tourmentée de ce film, signé d’un réalisateur qui n’était pas présent sur le tournage. (Le Monde)

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  • In “Amazing Grace,” a 46-year-old gospel concert movie that feels like a rough gem unearthed in a time capsule, Aretha Franklin, standing at the pulpit of the New Temple Missionary Baptist Church in the Watts section of Los Angeles, delivers a hymn called “Climbing Higher Mountains” that gets everyone in the place standing up and jazzed. The audience is up, the singers in the Southern California Community Choir are up, Mick Jagger, lurking in the back of the church, is up, but what really reaches up is Franklin’s voice. She always had a range that sprawled (just think of the winding melody in her transcendent cover of “I Say a Little Prayer”), but in “Amazing Grace” her voice never leaves the higher register. The effect is ecstatic; she sounds like the holiest of trumpets, with every note piercingly bright yet as soft as velvet. Listening to Franklin, you feel like you could ride that voice into the heavens. She’s not just a singer, she’s a human chariot. (…) Warner Bros. hired director Sydney Pollack to film the sessions (this was the early-’70s heyday of the grainy verité concert film), and in “Amazing Grace” we see Pollack wandering around the church, directing the action and at one point holding the camera. But the project wound up getting shelved. There was a severe technical glitch (much of the sound was out of sync with the images), and later, when attempts were made to solve that issue, Franklin herself repeatedly blocked attempts to release the movie. It’s not clear why, but now that it’s been lovingly restored and assembled (the sound is clear as a bell, and in perfect sync), “Amazing Grace” can stand as an essential filmed record of what is undoubtedly one of the greatest gospel performances you’ll ever see. (Owen Gleiberman/Variety)

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Ajoute de dernière minute

CHANSON DOUCE

Drame judiciaire; Réalisatrice: Lucie Borleteau; avec Karin Viard, Leïla Bekhti, Antoine Reinartz; Scénaristes: Lucie Borleteau, Jérémie Elkaïm, d’après le roman de Leïla Slimani (Prix Goncourt); Directeur/Photo: Alexis Kavyrichine; Musique: Pierre Desprats; France 2019, 100 minutes.

Paul et Myriam ont deux enfants en bas âge. Ils engagent Louise, une nounou expérimentée, pour que Myriam puisse reprendre le travail. Louise se montre dévouée, consciencieuse, volontaire, au point que sa présence occupe une place centrale dans la famille. Mais très vite,  les réactions de Louise deviennent inquiétantes…

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Chanson douce est adapté du best-seller du même nom écrit par Leïla Slimani et qui a obtenu le prix Goncourt en 2016. Le fait divers ayant inspiré le roman remonte à 2012. A Manhattan, deux enfants sont retrouvés morts, poignardés par leur nourrice, Yoselyn Ortega. Celle-ci a ensuite tenté de se tuer en se tranchant la gorge, mais a survécu. Elle a été condamnée à la peine maximale : prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle. Son mobile reste flou, même si la folie et les tensions avec les parents ont été évoquées au procès. (Extrait du dossier de presse).

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