Stan et Ollie…mes amours

 

3003449.jpgComme si c’était pour honorer le succès public de la 9ième édition du LuxFilmFest, nos programmateurs mettent une fois de plus les petits plats dans les grands en sortant 4 films intéressants voire fascinants à plusieurs niveaux. STAN & OLLIE de Jon S.Baird, un film sur la magie du Septième Art et sur le couple le plus mythique de l’histoire du cinéma aurait d’ailleurs dû/pu avoir une place de choix dans la programmation du festival, où – hélàs – le genre de la comédie reste toujours le parent pauvre. C’est à se demander si les gens du sacro-saint et pince-sans-rire “comité artistique” ont le sens de l’humeur plutôt que de l’humour. Honnêtement, la tragi-comédie STAN & OLLIE, célébrée par la critique à l’étranger, aurait fait des étincelles comme film d’ouverture du festival (plutôt que l’honorable GLORIA BELL), l’amour du cinéma se célébrant aussi par un regard nostalgique sur le passé. Célébré par certains comme le meilleur film à Cannes en 2018, LETO de Kirill Serebrennikov s’intéresse à la musique rock chez les Soviets. THE AFTERMATH de James Kent, avec Keira Knightley, s’aventure dans l’Allemagne post Deuxième guerre mondiale. Et même si j’ai personnellement détesté DESTROYER de Karyn Kusama, je dois avouer que la performance de Nicole Kidman, méconnaissable, fait froid dans le dos.  Finalement, après son avant-première au festival, SAWAH d’Adolf El Assal est présenté cette semaine en avant-première publique.  Jean-Pierre THILGES 

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STAN & OLLIE

Comédie dramatique et biographique; Réalisateur: Jon S. Baird; avec Steve Coogan, John C. Reilly, Shirley Henderson, Danny Huston; Scénariste: Jeff Pope; Directeur/ Photo: Laurie Ross; Musique: Rolfe Kent; Gb/USA/Canada 2018, 97 minutes; Trois nominations Bafta Awards 2019, 1 nomination Golden Globes 2019.  

Après avoir atteint le sommet de la gloire au cinéma dans les années 1930, le duo comique Laurel et Hardy (Stan Laurel et Oliver Hardy) entreprend en 1957 une tournée sur les planches en Angleterre, en Écosse et en Irlande. Alors supplanté, au grand écran, par les performances burlesques d’Abbott et Costello, le duo est délaissé par les studios hollywoodiens. Lors de ce voyage dans la patrie de Laurel, les deux amis, vieillissants et affligés de problèmes de santé, se produisent devant de maigres auditoires dans des petites salles de province. Malgré la dure réalité, Laurel et Hardy mettent les bouchées doubles et persistent à donner le meilleur d’eux-mêmes dans un spectacle qui attire de plus en plus de spectateurs…

Tout comme il y a des critiques de cinéma qui “refusent de regarder des films en noir et blanc parce que ça fait vieux jeu” (je n’invente rien!), il y a désormais de plus en plus d’enfants et même d’adultes, qui ne savent pas qui étaient/qui sont Stan Laurel et Oliver Hardy, alors que Laurel & Hardy restent le couple comique le plus génial de l’histoire du cinéma. Tout fout le camp, je vous dis. Ce “biopic” tendrement nostalgique rappelle les deux lascars sympathiques à notre souvenir (moi, je ne les oublierai jamais) en racontant leur fin de carièrre très peu brilliante mais ô combien douloureuse. Dommage que le LuxFilmFest n’ait pas sauté sur l’occasion d’ouvrir leurs festivités 2019 avec ce tout petit film qui rend hommage à deux très grands messieurs. (jpt) 

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  • Ainsi, de la scène à la coulisse, le fil n’est pas brisé, et l’on s’émeut de passer avec une telle fluidité de Stan et Ollie à Laurel et Hardy à Steve et John C., tous unis par une même dignité. (Les Inrockuptibles) Balade nostalgique et poignante dans une période grise, cette tournée fut la dernière collaboration des deux hommes, et Ollie mourut en 1957. Stan en fut dévasté. Charmante idée, même si une certaine gêne demeure : sous les maquillages, on voit bien que Stan n’est pas Stan et qu’Ollie n’est pas Ollie. On fait semblant d’y croire. (Le Nouvel Observateur) Obsolescence des corps et compagnonnage inoxydable sont au programme de ce film à la mise en scène anonyme – qui figure toutefois, en filigrane, une relecture touchante des rapports du tandem sous l’angle de la bromance. (Les Fiches du Cinéma) 

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  • Stan Laurel, the slimmer British half of Hollywood double act Laurel and Hardy, was not one to wax lyrical about the art or mystique of comedy: “You have to learn what people will laugh at, then proceed accordingly,” he said, making vaudeville performance sound altogether as methodical and prosaic as shopping for groceries. No matter how ebullient their joint mugging, Laurel and Hardy’s slapstick routines were work, not play. In “Stan & Ollie,” a gently elegiac portrayal of the pair’s final comic collaboration — a low-rent music hall tour of the U.K. and Ireland in 1953 — the physical and emotional toll of that labor finally shows through their threadbare antics. Well-rehearsed performance chemistry is merely a veneer behind which the two veterans, as tenderly played by Steve Coogan and John C. Reilly, find themselves struggling to click.That the story of two stars once among the surest commercial bets in Classical Hollywood has become a low-key arthouse item is an irony that plays right into the wistful nostalgia of Jon S. Baird’s lovingly assembled film. “Stan & Ollie” toys throughout with a wry acknowledgement of its subjects’ fading relevance and audience appeal; the Sony Pictures Classics release will be counting on its own leads’ combined charm and cachet to spur word of mouth among mature viewers when the film goes into limited release Stateside on December 28. For Reilly’s admirers, the film serves as apposite counter-programming to the near-simultaneous multiplex release of “Holmes & Watson,” a vehicle for his own comic double act with Will Ferrell; the actor’s droll but subtly anguished turn as the ailing Oliver Hardy is perhaps the richest attraction here. (Guy Lodge/Variety) 

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LETO

Drame biographique et musical; Réalisateur: Kirill Serebrennikov; avec Roman Bilyk, Irina Starshenbaum, Teo Yoo, Filipp Avdeyev; Scéanristes: Kirill Serebrennikov, Lily Idov, Mikhail idow, d’après le livre de Natalia Naumenko; Directeur/Photo: Vladislav Opelyants; Musique: Roman Bylik; Russie/France 2018, 126 minutes; Sélection officielle Festival de Cannes 2018; European Film awards 2018: meilleurs décors.

Leningrad. Un été du début des années 80. En amont de la Perestroïka, les disques de Lou Reed et de David Bowie s’échangent en contrebande, et une scène rock émerge. Mike et sa femme, la belle Natacha, rencontrent le jeune Viktor Tsoï. Entourés d’une nouvelle génération de musiciens, ils vont changer le cours du rock’n’roll en Union Soviétique…

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  • Une vibration continue qui nous aura subjugués comme un chant astral et enivrant, nimbé d’une mélancolie de combat. (Cahiers du Cinéma) Serebrennikov déplie tout un monde imaginaire, fait de pulsion d’émancipation, à partir de la posture du fan. Qui imite et idolâtre se libère plus qu’il ne s’aliène. (Les Inrockuptibles) Ce qui est vraiment magnifique ici, c’est la façon dont le cinéaste aborde ce moment de bascule, de crise, où un processus de désagrégation politique inexorable s’amorce comme en sourdine, non sous la forme attendue, fulgurante du drame mais en laissant les épisodes du quotidien déposer et cristalliser, dans l’ample matière du souvenir instantané, la joie irremplaçable des instants privilégiés et la conviction sereine que ce qu’il était possible de vivre l’était sans retenue ni calcul, et jusqu’à la plénitude d’un gâchis extatique. (Libération) L’ensemble a une grâce rare, renforcée par les mouvements souvent sinueux, presque dansants, de la caméra et par l’utilisation très habile de la musique (tantôt in, tantôt off, tantôt entremêlant les sources) pour restituer l’espace mental des personnages. (Positif) Kirill Serebrennikov évoque avec une euphorie élégiaque la scène musicale du Leningrad des années 1980. (Le Monde) 

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  • Russian director Kirill Serebrennikov’s latest, the aptly titled Leto (Summer), is a helium-light work about scruffy young Soviets in 1980 making music, partying, flirting and quietly defying the state, roughly in that order. Certainly, it’s a much more jovial affair than his last, The Student, a portrait of a religious teenager whose fundamentalist zealotry spreads like a contagion to society around him. This time the young people are the good guys, determined to smuggle the rebellious spirit of Western rock, punk and New Wave music into a pre-perestroika Leningrad that’s still highly repressive. Politics and ideology are only peripheral concerns here, treated by the characters — who are based on real Soviet pop stars Viktor Tsoi of the band Kino and Mike Naumenko of Zoopark — as sort of a fuddy-duddy joke. What an irony it is that this is one of two films screening in competition at Cannes this year made by a filmmaker living under house arrest imposed by a repressive regime. (Leslie Felperin/Hollywood Reporter) 

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THE AFTERMATH

Titre français: Coeurs ennemis; Drame romantique; Réalisateur: James Kent; avec Keira Knightley, Alexander Skarsgárd, Jason Clarke, Kate Phillips; Scénaristes: Anna Waterhouse, Joe Shrapnel, Rhidian Brook, d’après le roman de Rhidian Brook;  Directeur/Photo: Franz Lustig; Musique: Martin Phipps; GB 2019, 108 minutes.

Hambourg, 1946. Au sortir de la guerre, Rachel rejoint son mari Lewis, officier anglais en charge de la reconstruction de la ville dévastée. En emménageant dans leur nouvelle demeure, elle découvre qu’ils devront cohabiter avec les anciens propriétaires, un architecte allemand et sa fille. Alors que cette promiscuité forcée avec l’ennemi révolte Rachel, la haine larvée et la méfiance laissent bientôt place chez la jeune femme à un sentiment plus troublant encore…

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  • “Suite Française” meets Lady Chatterley in this hammy and preposterous 1940s romantic drama set in the aftermath of the second world war, the “aftermath” alluding also to the consequences of matching tragedies in the lovers’ personal lives Keira Knightley, Alexander Skarsgård and Jason Clarke give honest performances, directed confidently enough by James Kent, working from Joe Shrapnel and Anna Waterhouse’s adaptation of the 2013 bestseller by Rhidian Brook. There are some nice enough moments. I liked the German and the Brit agreeing that the “Deutsche See” and the “North Sea” are the same thing and that it is “all the same sea in the end”. But this kind of wartime star-cross’d swoon is our modern film industry’s equivalent of France’s bygone “cinéma de papa” : a sclerotic classiness. It is a luxury period piece: cigarettes and antique automobiles, digitally rendered bomb devastation, menfolk variously dashing in uniform and evening dress and the women elegant and sexy, seen in gowns and various states of long-shot “déshabillé”, and all supposedly exalted by the postwar setting and its historical importance. (Peter Bradshaw/The Guardian) 
  • The result is attractive and diverting, as any well-appointed film starring these actors in mouthwatering period finery could hardly fail to be — though for a story about people rebuilding their lives through grievous personal loss and moral torment, it’s hard not to wonder if its vast reserves of enviable knitwear are counting for more than they should. With Keira Knightley dependably anchoring proceedings in clear, quivery “Atonement” mode — even a bold-hued silk evening gown worn for a key confrontation is plainly designed to prompt memories of that emerald number — this Fox Searchlight release, shot in early 2017, will please a select audience starved for grown-up comfort viewing when it hits screens on both sides of the Atlantic in March, having somewhat tellingly skipped both the festival circuit and the awards season corridor. (Guy Lodge/Variety) 

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DESTROYER **

Thriller policier, drame; Réalisatrice: Karyn Kusama; avec Nicole Kidman, Toby Kebbell, Tatiana Maslany, Bradley Whitford; Scénaristes: Phil Hay, Matt Manfredi; Directrice/Photo: Julie Kirkwood; Musique: Theodore Shapiro; USA 2018, 122 minutes; Sélection officielle Toron to Intl. Film Festival 2018; Nomination pour Nicole Kidman aux Golden Globes 2019.

À Los Angeles, Erin Bell, détective au sein du LAPD, et son coéquipier Chris infiltrent un groupe criminel soupçonné de préparer un vol de banque. Mais rien ne se passe comme prévu, car durant le braquage, Chris est abattu par Silas, le chef du gang. Erin parvient à s’en tirer de justesse. Près de vingt ans plus tard, encore marquée par l’évènement, la policière, qui montre une allure négligée et un penchant pour l’alcool, semble au bout du rouleau. Cependant, lorsque des informations laissent croire que Silas est toujours actif, Erin, déterminée à se faire justice elle-même, entreprend de le retrouver…

Une chose est certaine, Madame Kidman n’a pas froid aux yeux quand il s’agit de choisir ses rôlet et de s’enlaidir. C’est d’ailleurs cet élément du film qui m’a fasciné, surtout que ce n’est pas la première fois dans sa carrière que l’actrice choisit cette approche. Le fait que DESTROYER ait été mis en scène par une femme, est également intéressant, mais le côté ultra-violent de l’entreprise m’a quand-même choqué, ayant eu l’impression que la cinéaste voulait aller “plus loin” que ses collègues masculins – et là je deviens cynique – dans une optique “me too” un peu malsaine. Je n’ai donc pas du tout aimé le film au Festival de Toronto, puisque je suis d’avis que le cinéma n’a pas (ou plus) besoin d’un Charles Bronson, d’un Clint Eastwood ou d’un Liam Neeson au féminin. Deux étoiles, donc, pour la prestation étonnante de Nicole! Mais bon, il y a aussi des critiques qui ont aimé le film. (voir ci-dessous) (jpt) 

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  • Nothing Nicole Kidman has done in her career can prepare you for “Destroyer” — to the extent it’s easy to imagine someone wandering/tuning in to the film and watching for several minutes before realizing that the sunburnt piece of beef jerky up on screen is none other than the alabaster beauty from “BMX Bandits” and “Far and Away.” And that’s just the surface. “Destroyer” may as well be called “Nasty Woman: The Movie,” so committed is it to the idea of presenting a Don Siegel-style anti-hero who’s dirtier than Harry, deadlier than “The Killers.” (Peter Debruge/Variety) 
  • At the centre of it all is Kidman, bringing an impressive physicality to her performance that says more about Erin than words ever could. We learn so much from simply watching her walk, her gait combining an air of stroppiness with an overriding sense of being weighed down or crushed, like a packhorse hobbled by years of abuse. It’s a terrific turn that (like the rest of the movie) reminds us that awards often offer little indication of what’s really worth watching in cinemas. (Mark Kermode/The Guardian) 

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En avant-première publique, le 19 mars

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